JULIE WICZECK

Publié dans : Les articles Santé & Médecine de Julie Wiczeck

La cigarette électronique, nouvel outil de lutte anti-tagabisme

Enjeu majeur de la santé publique, la lutte anti-tabagisme ne peut pas être assurée uniquement par l'État

Le phénomène est courant et prévisible. Les bonnes âmes qui tentent de mettre fin à une mauvaise habitude en imposant des règles voient incessamment surgir les effets pervers. Il y a toujours des petits malins pour contourner les interdictions, ou faire d’une solution un nouveau problème. Quand les hommes ont trouvé le moyen de faire cuire la viande, ils ont dû très vite trouver le moyen de prévenir les incendies.

L’art de résoudre un problème ne consiste donc pas uniquement dans la capacité à trouver des solutions. Il est aussi d’anticiper sur les conséquences induites par ces solutions, qui sont parfois telles qu’elles créent de nouvelles difficultés plus graves. Ce schéma est déclinable à l’infini mais se révèle particulièrement juste en ce moment, dans le cadre du débat sur le tabagisme.

Le tabagisme, l’épine dans le pied de l’État

La lutte contre le tabagisme est un enjeu majeur de santé publique pour lequel l’État s’efforce de mettre en place une stratégie efficace et un plan d’action coordonné. Le tabagisme est la première cause de mortalité évitable avec plus de 70 000 morts par an. Le nombre de décès liés au tabac par an en France est de 73 000 alors qu’il est de 30 000 pour l’alcool et de 4000 pour la route.

Dans un rapport de l’Assemblée nationale, le comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques a reconnu que les résultats étaient insuffisants et que pour les améliorer il était nécessaire d’agir sur tous les leviers de l’action publique en mobilisant l’ensemble des acteurs concernés, y compris les entreprises.

Des dispositifs de lutte encore inefficaces

Tous les moyens mis en place jusqu’ici par les entreprises s’engageant dans la vente de produits de substitution et de sevrage tabagiques n’ont pas rencontré entière satisfaction. Le patch, la méthode de sevrage médicamenteuse la plus utilisée depuis les années 1990, a été remis en cause en 2009 car il a été démontré que ce n’était pas la nicotine seule qui rendait dépendante, mais son association à d’autres molécules.

Mais surtout, le patch, comme les gommes ou les comprimés, ne résout pas la dépendance d’ordre psychologique et comportementale que subit le fumeur quand il se prive brutalement du geste que provoque l’arrêt ou la diminution du tabac. La cigarette électronique est venue pallier cette insuffisance, mais encore une fois, une nouvelle complication s’est déclarée.

La cigarette électronique, oui mais sans incitation à fumer: la fierté d’Éric Sebban

Si la cigarette électronique est en effet un moyen intéressant de lutter contre la double dépendance, gestuelle et nicotinique, elle constitue également une incitation à fumer potentielle pour les jeunes, en particulier si elle est vendue chez les buralistes comme les cigarettes traditionnelles. Le seul moyen d’éviter une telle dérive est d’être vendu en pharmacie et d'être reconnu comme dispositif médical auprès de l’ANSM.

Jusqu’ici, il n’y a que Visiomed qui soit parvenu à l’obtenir. Pour ce faire,le groupe a appuyé ses revendications sur des études cliniques ayant clairement montré une amélioration significative des taux de sevrage tabagique et de la gestuelle associés chez les personnes ayant utilisé des dispositifs équivalents à la cigarette Tag Replay.

1er dispositif médical dédié au sevrage tabagique, Tag replay constitue aussi une arme de plus pour l’Etat qui a besoin de nouveaux outils pour améliorer une lutte pour l'instant dans une impasse.

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