La création selon la mythologie égyptienne

Un des thèmes principaux de la mythologie égyptienne est la création de l'humanité. Selon les croyances, quatre versions différentes existent

Il existe dans l’Egypte ancienne, quatre récits distincts liés à la création. Ces quatre récits sont respectivement associés à quatre grandes cités : Héliopolis, Memphis, Hermopolis et Esna mais également à quatre divinités : Atoum, Ptah, Thot et Knoum.

La création – Hélipolis

A Hélipolis, cité su soleil, Atoum se trouve seul sur un bras de terre boueux ayant émergé des eaux du Noun, magma liquide originel qui recouvre le monde. Réalisant qu’il a besoin d’autre dieux pour l’assister dans la création, il fait naître de sa semence Shou (dieu de l’air) et Tefnout sa sœur (déesse de l’eau.

De l’union de Shou et Tefnout naissent Geb, dieu de la terre, et Nout, déesse du ciel (les relations incestueuses sont fréquentes dans la mythologie égyptienne). Sur ordre de Rê, Geb et Nout sont séparés par Shou, et Rê interdit également à Nout d’enfant durant les trois cent soixante jours de l’année calendaire.

Thot prend pitié de Nout et parvient à allonger l’année de cinq jours en jouant aux dés avec la lune. Durant ces cinq jours (les jours épagomènes), Nout met au monde cinq enfants nommés Osiris, Isis, Horus, Seth et Néphtys. La colère de Rê était déclenchée par une prophétie selon laquelle les enfants de Nout surpasseraient son pouvoir (de même que les enfants de Cronos et Rhéa étaient supposés surpasser le pouvoir de leur père dans la mythologie grecque).

La création – Memphis

A Memphis, capitale de l’Egypte durant l’Ancien Empire (2815 – 2400 av. J.-C.), la principale divinité était le dieu créateur Ptah, dont on disait qu’il avait fabriqué le cœur et la langue d’Aroum.

Ptah était le patron des artisans et possédait le titre de père et mère de tous les dieux. Il était souvent représenté sous les traits d’un homme revêtu d’une tunique moulante et coiffé d’une calotte.

La création – Hermopolis

Un troisième récit trouve ses origines à Hermopolis, cité du dieu Thot. Dans l’iconographie égyptienne, Thot est souvent figuré sous les traits d’un babouin ou d’un homme à tête d’ibis. Dieu de la sagesse et du savoir, inventeur des hiéroglyphes et patron des scribes, il est également associé avec la lune, dont il pote souvent le croissant sur la tête.

Dans la cosmogonie locale, la butte primordiale surgit des eaux du Noun à Hermopolis, et le Grand Caqueteur, oiseau mythique, y pond un œuf duquel naît le soleil.

Une autre version orne la butte primordiale d’un lotus dont les feuilles s’écartent pour donner naissance à Néfertoum, jeune dieu de la création.

La création – Esna

Le temple de la cité d’Esna était voué au dieu à tête de bélier Khnoum. Dans les croyances locales, Khnoum faisait surgir les êtres vivants sur son tour de potier. Pour chaque créature, il façonnait également le Ka, double immatériel qui grandissait en même temps que l’être de chair. Après la mort, le Ka demeurait près de la tombe du défunt, tandis que le Ba, son âme, s’envolait sous les traits d’un oiseau.

Le récit de la création est gravé sur les murs du temple d’Esna. Il y est fait allusion à une déesse nommée Neith, associée à la cité de Saïs, dans le Delta occidental, et considérée dans son fief comme une divinité primordiale ayant fonction de démiurge.

L’existence de quatre récits cosmogoniques distincts ne posait pas de problèmes particuliers aux égyptiens. Chaque récit prévalait au sein du territoire qui l’avait vu naître, même si la version évoquée à Hélipolis était considérée comme la plus légitime, à cause de son association avec Rê, dieu-soleil et chef de tous les dieux.

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