Une princesse à la pêche aux thons

Abracadabra... encore un petit bijoux de niaiseries télévisuelles...
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« Les émissions de télévision sont conçues et lancées comme on lance une machine... » (L'empire du Loft). Voici comment, en 2001, Jean François Jost dépeint la télévision et son nouveau fond de commerce : la télé réalité.

2001, le début de la fin

Loft Story ou les ébats aquatiques de Loana, Secret Story ou princesse Alexandra, Steve, Amélie et tous les autres... Autant d'idées en vrac pour attiser les curiosités les plus malsaines du public. Tous ça pour faire du fric !

Si Jost parle de « machine à laver », nous on parlerait plutôt d'une gigantesque fabrique de la célébrité. Après avoir été filmés 24h/24h, nos vrais/faux acteurs de télé réalité continuent à déverser leurs âneries dans les magazines people. Pendant que l'un se filme dans le plus simple appareil, un autre hésite à annoncer le nom du père de son enfant... En com', on appelle ça du buzzzzzzz ! Encore pour faire du fric !

On touche le fond

Depuis le 3 février, W9 diffuse chaque semaine sa nouvelle trouvaille, La Belle et ses princes presque charmants . L'émission n'innove pas : une Barbie blonde (encore) cherche l'amour (encore) et se voit présenter des célibataires. Seulement, au lieu de flirter avec les apollons de l' Ile de la Tentation , l'héroïne doit faire face à des hommes « sur lesquels elle ne se serait jamais retournée ».

On doit avouer que W9 a mis le paquet question physique : le surpoid, la rousseur, les boutons sont de mise et agrémentés en prime de culs de bouteille gros comme le poing !

Ca donne envie de pleurer. Stéréotypes et clichés affligeants se bousculent à l'écran sur une bande-son de dessin animée. On est gavé d'aprioris jusqu'à la crise de foie. Les participants sont catalogués dans des arrêts sur image très peu flatteurs : le danseur country, le rêveur romantique... Rendus ridicules en permanence, lors de séances de sport ou de cuisine, tous ces crapauds espèrent pourtant ravir le cœur de leur princesse.

Dans cette fausse atmosphère de contes de fée rose bonbon, on s'ennuie ferme. Le pathétique côtoie un sentiment de pitié et la volonté moraliste de l'émission s'envole en fumée. « Choisira-t-elle la beauté du corps ou la beauté du cœur ? ». Impossible de répondre, on s'est endormi.

11 ans après ses premiers pas, la télé réalité ne fait toujours pas rêver.

Les participants restent de véritables souris de laboratoire qui auront comme seul mérite de renvoyer une image disséquée de notre société décadente, voyeuriste et exhibitionniste...

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