Du ticket de métro au pass Navigo

Né en 1900 en même temps que le métropolitain parisien, le ticket de métro et ses déclinaisons sont un témoin de l'évolution de notre société. Historique.
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Des trous carrés au marquage à l’encre violette qui salit les doigts et les vêtements en passant par les perforations rondes, le ticket de métro a connu une évolution qui reflète celle des moyens de transport de la région parisienne et, plus largement, de la vie francilienne.

Un siècle déjà…

Apparu en 1900 et d’abord imprimé sur du papier, le ticket de métro a rapidement pris de l’épaisseur et fut fabriqué ensuite à partir de carton. Vendu à l’unité ou en carnets, il a jusqu’à nos jours gardé la forme rectangulaire de ses origines.

Le poinçonneur, petit métier du métro parisien

Le poinçonneur – qui fut souvent une poinçonneuse d’ailleurs – mania durant plusieurs décennies et avec dextérité la "pince Klein" qui porte le nom de son inventeur. Toute la journée, le poinçonneur, des Lilas ou d’ailleurs, faisait des "petits trous, toujours des petits trous" comme l’a immortalisé en 1958 Serge Gainsbourg . Les trous n’étaient d’ailleurs pas toujours ronds: à partir des années 1940, chaque ligne possédait sa propre forme de poinçon appliqué par des agents présents dans les wagons de première classe! Sur la ligne 9, ils avaient une forme…de cœur.

Les poinçonneurs disparurent totalement en 1975, remplacés par des appareils automatiques.

Du ticket jaune à la carte orange

Le ticket jaune, doté d’une bande magnétique marron, apparaît en 1974. Il fut célébré dans les années 1980 par les publicitaires dans la campagne "ticket chic, ticket choc" qui marqua les esprits.

La "carte orange" fit, elle, son apparition un an plus tard, le 1er juillet 1975. Créée par le STP (Syndicat des transports parisiens) et de couleur… orange, elle avait la dimension d’un passeport et se logeait dans une petite pochette plastique équipée d’un fente pour y ranger son coupon mensuel, hebdomadaire ou journalier. A la différence du ticket, la carte orange était valable sur le réseau de la RATP (Régie autonome des transports parisiens), structure créée en 1949, et de la SNCF (Société nationale des chemins de fer français), dans Paris intra-muros et en banlieue, selon un système de zones.

Elle permit aux usagers de réaliser d’importantes économies sur leurs transports quotidiens et contribua, par conséquent, au développement de l’utilisation de l’ensemble du réseau d’Île de France. En 1984, la "carte intégrale" a fait son apparition et en 1995, la carte orange vit sa taille réduite à celle d’une carte de crédit.Puis, à partir de 2001, elle utilise le passe Navigo, support magnétique, jusqu’à ce que celui-ci la remplace complètement à la fin de 2009.

Des chiffres et des lettres

A partir de 1925, chaque augmentation de tarif était symbolisée sur le ticket par une lettre. Celle intervenue cette année-là correspondait donc à la lettre A. Ce système perdura jusqu’en 1974, lorsque le ticket jaune fit son apparition.

Jusqu’en 1991, première et deuxième classe coexistaient en outre dans le métro parisien et le RER. La première classe fut supprimée en deux temps: en 1982, son utilisation en tant que telle fut limitée aux heures creuses, avant qu’elle ne soit complètement supprimée en 1991.

Le ticket se met au vert

En 1992, le ticket se met au vert et porte pour la première fois le nouveau logo de la RATP: un cercle dans lequel apparaît un visage de profil. Il porte l’indication des quatre moyens de transports d’Île-de-France sur lesquels il peut être utilisé : le métro, le bus, le RER et le tramway.

Du mauve au blanc

En 2003, le ticket change à nouveau de couleur et devient mauve. Il s’enrichit de nouvelles informations représentées par des symboles: on y retrouve, plus discret qu’en 1992, le logo de la SNCF, ainsi que ceux du tramway et du réseau privé OPTILE (Organisation professionnelle des transports d'Île-de-France).

Le ticket devient finalement blanc en 2007, couleur qu’il conserve encore actuellement.

Le passe Navigo

Le passe Navigo, carte à puce électronique, apparaît en 2004 et se décline aujourd’hui en plusieurs catégories. Il sert maintenant de support aux divers abonnements proposés par les firmes en charge des transports de Paris et de sa région.

Au-delà de leur usage et de leur aspect purement pratique (qui n’a jamais noté une adresse ou un numéro de téléphone au dos de son ticket?), des utilisateurs ont su porter un autre regard sur leurs tickets de métro et en faire, pour certains, de véritables œuvres d’art .

Pour en savoir plus :

- Un ticket pour Paris, un siècle de bus et de métro , Sélection du Reader’s Digest, Claude Berton, Jean-Claude Lablée, Calire Lemoine et Murielle Rudel, 2006.

- Petite histoire du ticket de métro parisien , Grégoire Thonnat, Editions Télémaque, 2010.

- http://histoireduticketdemetro.blogspot.com/

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