Histoire de la bûche de Noël

Pâtissière ou glacée, la bûche est l'invitée d'honneur des tables de Noël. Retour sur son histoire...

Dessert traditionnel du soir de Noël à la forme si évocatrice, la bûche se décline aujourd’hui en une multitude de parfums qui enchantent nos papilles.

Une bûche en bois

A l’origine, saison hivernale oblige, une coutume attestée en Europe dès le XIIe siècle voulait que l’on allume le soir du 24 décembre une grosse bûche de bois sec, souvent de bois fruitier, que l’on appelait "bûche de Noël". Une fois choisie, le chef de famille la ramenait à la maison où on l’arrosait, selon les régions, d’huile, de sel et de vin. Parfois, elle était même décorée. Placée dans l’âtre après avoir été bénie, elle devait brûler jusqu’au Nouvel An au moins.

En Italie, où cette tradition est appelée "ceppo", la bûche devait, en Toscane par exemple, brûler jusqu’à l’Epiphanie. Dans le nord du pays, elle était en bois de chêne, tandis que les Italiens du sud choisissaient le bois d’olivier. Désignée en Angleterre, sous le nom de "Yule Log", la bûche de Noël est connue en Allemagne sous celui de "christbrand".

Egalement répandue dans toutes les régions françaises, chacune d’elle avait ses propres critères de choix du bois et sa façon de l’allumer. Cette tâche revenait, selon les endroits, au plus jeune ou, au contraire, au plus âgé des membres de la famille.

De l’âtre au poêle en fonte

La tradition de placer la bûche dans l’âtre familial s’est poursuivie jusqu’à la fin du XIXe siècle. L’apparition des poêles en fonte obligea à choisir de plus petites bûches et fit évoluer la tradition. Au début du XXe siècle, la bûche, devenue un objet décoratif, trônait au centre de la table de Noël.

Une lointaine origine païenne

Comme le sapin, la bûche aurait des origines païennes. Les étincelles qui se dégageaient lorsqu’elle brûlait représentaient le soleil. La bûche serait aussi liée à la célébration du solstice d’hiver. En se consumant, elle symbolisait également une certaine rupture avec le passé, tout en annonçant l’avenir.

Traditions autour de la bûche

La vie de nos ancêtres était remplie de croyances populaires. Ainsi, lorsque la bûche dégageait beaucoup d’étincelles, ils y voyaient le signe que les moissons seraient bonnes. Lorsque des silhouettes étaient projetées sur le mur par le jeu des étincelles, cela était annonciateur de la mort dans l’année à venir d’un membre de la famille.

Après combustion, on récupérait les cendres de la bûche qui servaient ensuite à fertiliser les terres, protéger de la foudre et même guérir certaines maladies.

A table !

Du bois à la pâtisserie, le pas fut semble-t-il franchi au XIXe siècle.

En France, un pâtissier parisien, Antoine Charadot, créa un gâteau en forme de bûche en 1879. En Allemagne, le gâteau de Noël traditionnel est le "Christstollen" (souvent appelé plus simplement "stollen") de forme allongée, à base de fruits confits et dont la consistance est celle d’un cake. Le traditionnel "Christmas Pudding" anglais est sans doute le seul gâteau de Noël dont la forme se soit éloignée de celle d’origine.

La bûche, telle que nous la connaissons aujourd’hui, fut inventée en 1945. Gâteau roulé, encore souvent fourré de crème au beurre, la bûche s’est allégée ces dernières années, certains préférant la garnir de mousse ou la dégustant glacée.

Si certains glaciers ou pâtissiers lui ont déjà donné une forme carrée, rares sont encore ceux qui ont osé proposer un gâteau de Noël de forme totalement différente... en montagne ou sapin par exemple !

Sources :

http://www.saisons-vives.com/frontoffice/index.asp?id=420

http://www.web-libre.org/dossiers/buche-noel,1633.html

http://www.france-pittoresque.com/traditions/57.htm

http://www.culture.gouv.fr/culture/noel/franc/buche.htm

http://www.noel-vert.com/buche-de-noel.php

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