Marie de Régnier, une femme en poésie à la Belle Epoque

Fille de José-Maria de Hérédia et épouse d'Henri de Régnier, Marie de Régnier fut une femme à la vie tumultueuse, emblématique de son époque.
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Deuxième fille de José-Maria de Hérédia, homme de lettres né en 1842 à Santiago de Cuba, directeur de la bibliothèque de l’Arsenal de 1901 à son décès en 1905, et de Louise Cécile Despaigne, Marie-Louise-Antoinette de Régnier est née à Paris le 20 décembre 1875 et morte en 1963.

Une enfance dans un "Salon"

Cadette de la famille, Marie et ses deux sœurs, Hélène et Louise, grandissent au milieu du salon littéraire que tient leur père à son domicile, 11 rue de Balzac. Appartenant au mouvement littéraire du Parnasse, José Maria de Hérédia y reçoit d’autres écrivains, célèbres ou non. Ses filles participent à ces rencontres et c’est là que naît l’envie d’écrire de Marie.

Entre mari et amant…

A l’âge de 12 ans, elle fait la connaissance d’Henri de Régnier qui proposera plus tard de l’épouser… pour aider son père, joueur invétéré, à honorer ses dettes de jeu ! Marie épousera donc Henri à Paris le 15 octobre 1896, mais prendra pour amant l’écrivain Pierre Louÿs qu’elle avait connu à peine plus âgée.

Une affaire de famille

De ces "unions" naîtra en 1898 un fils, Pierre, reconnu par son époux, mais dont le père biologique était son amant en titre, suggéra à son amant qu’il épouse sa propre sœur, Louise. Leur union sera célébrée en 1899, mais Louise divorcera, puis épousera le comte Auguste Gilbert de Voisins (1877-1939).

Digne fils de sa mère, Pierre de Régnier, surnommé le Tigre, profita également de la vie de son époque. Il fut lui aussi écrivain et publia plusieurs romans, dont La vie de P atachon dans lequel il évoque… la sienne.

Une vie de libertine

Profitant sans doute de la liberté nouvelle prise par les femmes de son époque, Marie de Régnier eut de nombreux amants, hommes et femmes. Plusieurs d’entre eux furent des écrivains, tels le romancier Pierre de Tinan, le poète et écrivain italien, Gabriele d’Annunzio et le dramaturge Henry Bernstein.

Marie de Régnier livrera, à l’insu des siens, une part de sa vie libertine dans son premier roman au titre évocateur l’Inconstante, paru en 1903 et son amant Pierre Louÿs la prendra, ainsi que ses deux sœurs, comme modèles pour les personnages de son roman érotique Trois filles et leur mère .

La "canacadémie"

En 1894, peu après l’élection de son père à l’Académie Française, elle lança une parodie de cette prestigieuse institution : l’Académie canaque ou " canacadémie ", où il était requis de faire un concours de grimaces en guise de discours… Ses futurs époux et amant en firent partie, ainsi que d’autres célébrités comme Paul Valéry et Léon Blum. Marcel Proust en fut le secrétaire perpétuel.

Ses œuvres

Marie de Régnier publia ses œuvres sous le pseudonyme de Gérard d'Houville, patronyme porté par l’un de ses ancêtres normands qui fut un filleul de Mme de Pompadour. Ses poèmes et chroniques parurent dans la revue Le Gaulois et dans la Revue des deux Mondes . Marie de Régnier publia aussi des livres pour enfants.

Elle fut reconnue pour ses talents littéraires puisqu’elle reçut en 1908 le Premier Prix de littérature de l’Académie française, même si sa vie semble davantage connue que ses écrits.

Décédée le 6 février 1963, Marie de Régnier est enterrée au cimetière du Père-Lachaise .

Sources :

http://chroniques.bnf.fr/archives/janvier2004/numero_courant/evenement/marie_de_regnier.htm

www.latribunedelart.com/marie-de-regnier-muse-et-poete-de-la-belle-epoque-article00263.html

www.ecrivainrouen.over-blog.com/article-16959722.html

www.canalacademie.com/oda453-Deux-poemes-de-Marie-de-Regnier.html

Pour en savoir plus :

- Marie de Régnier , Robert Fleury, Tallandier, 2008.

- Catalogue Marie de Régnier, muse et poète de la Belle époque par Marie de Laubier, Robert Fleury, Jean-Paul Goujon, Yann Mortelette et Eric Walbecq, BnF, 2004.

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