Quand le ticket de métro devient une œuvre d'art

Une fois utilisé, le ticket de métro traîne souvent dans les poches, donnant l'idée aux plus habiles de ses utilisateurs de leur offrir une seconde vie.
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Entré dans la vie quotidienne de millions d’habitants d’Île-de-France, le ticket de métro a, dès les années 1950-1960, été utilisé d’une manière détournée. A cette époque déjà, les publicitaires ont eu l’idée d’utiliser, pour les chaussures André ou le savon Monsavon par exemple, le verso des tickets comme support publicitaire.

Plus récemment, le ticket de métro est devenu le support d’une expression artistique diversifiée.

Origami

Dans les cours d'écoles, les plus jeunes s’amusent à en faire des guirlandes en pliant méthodiquement les tickets un à un. D’autres s’en servent en origami, en leur donnant la forme d’une chemise, d’une grenouille ou de quantité d'autres animaux ou objets. Des diagrammes sont même proposés sur Internet pour ceux qui souhaitent s’entraîner. On peut ainsi s’exercer à réaliser un cobra, une chauve-souris ou un magnifique cygne .

Véritable artiste en origami, Kim Quarch réalise des œuvres à partir de tickets de métro et d’autres matériaux. Elle souhaite, par sa démarche, "démontrer qu’à partir de pas grand-chose peuvent naître des œuvres d’art".

Galerie de portraits

Le ticket de métro sert de support à des artistes picturaux qui y représentent des visages, comme Luc Grateau . Profitant de ses déplacements en métro, il croque, à l’encre et en couleurs, les visages des voyageurs. Il a ainsi réalisé une étonnante galerie de portraits.

Carnet de voyage

Evocateur par lui-même d’un voyage ou au moins d’un commencement de voyage, le ticket réveille chez certains l'envie de réaliser un carnet de voyage, comme chez Philippe Bossard , peintre et infographiste, qui a réalisé 118 œuvres sur des tickets de métro au début des années 2000. La bande magnétique marron, présente sur les tickets depuis plusieurs décennies maintenant, lui suggère de dessiner des corps qui s’enroulent parfois autour d’elle comme autour d’un barreau.

Artick

Sur un site au nom évocateur d’Artick, Léo Paul Barbaut , artiste précoce puisqu’il est encore collégien, offre aux regards ses œuvres également réalisées sur ticket de métro. Tagués, dessinés ou découpés, les tickets prennent de belles couleurs.

Menacé de disparition, le ticket de métro sera bientôt objet de collection que rechercheront les ésitériophiles. Ceux devenus oeuvres d'art feront sans doute, quant à eux, le bonheur des collectionneurs d'art...

Pour en savoir plus :

- Un ticket pour Paris, un siècle de bus et de métro , Sélection du Reader’s Digest, Claude Berton, Jean-Claude Lablée, Claire Lemoine et Murielle Rudel, 2006.

- Petite histoire du ticket de métro parisien , Grégoire Thonnat, Editions Télémaque, 2010.

-http://histoireduticketdemetro.blogspot.com/

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