Des éléphants artistes peintres plaident pour leur cause

Des pachydermes du sud-est asiatique peignent des tableaux originaux par plaisir mais aussi pour contribuer à la sauvegarde de leur espèce.
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L’AEACP ( Asian Elephant Art & Conservation Project ) est une association à but non lucratif dédiée à la sauvegarde et au bien-être des éléphants d’Asie, sauvages ou domestiques. C’est par les donations qui lui sont faites et surtout par le travail artistique des éléphants que cet organisme peut remplir sa mission. En effet, les œuvres produites par les éléphants sont vendues (à partir de 350 $) à un public toujours plus demandeur.

Un but qui sert la cause des animaux mais aussi celles des hommes

Les profits réalisés permettent deux types d’action en faveur des éléphants :

  • Mettre en place des programmes concernant l’habitat, les soins, la nourriture et l’entraînement des éléphants domestiques en suscitant l’intérêt du public pour ces majestueux compagnons de l’homme.
  • Soutenir les efforts des organismes qui travaillent à la protection et la conservation des populations d’éléphants sauvages, notamment par la gestion et la préservation de leur habitat naturel, la création de réserves et la réintroduction d’animaux.

Comment peignent les éléphants

La trompe de l’éléphant est un outil d’une grande précision qui lui permet de tenir le pinceau et de le diriger. Le mahout est présent à ses côtés pour lui fournir la brosse imbibée de peinture et l’encourager.

Il faut savoir qu’il ne s’agit en aucun cas d’un banal dressage. Les éléphants sont libres de peindre selon leur envie. Tous ne le font pas. On peut d’ailleurs constater de nombreuses différences de style en visitant la galerie . Certains individus pratiquent la peinture figurative : fleurs, arbres, paysages, poissons, autoportraits ou portraits de leurs congénères (ce qui tend à prouver que l'éléphant possède une image mentale de lui-même). D’autres choisissent un mode abstrait, graphique ou pointilliste en fonction de leur sensibilité. Tous font preuve d'une grande capacité de concentration durant l'action.

Une véritable initiative artistique et environnementale

Il est bien question à l’origine d’un projet d’art conceptuel visant à se questionner sur l’artiste, ses intentions, mais aussi sur les limites de l’art utilisé à des fins caritatives. La découverte et le développement de styles artistiques individuels sont encouragés, parfois en collaboration avec des artistes locaux qui supervisent l’enseignement de techniques de peinture variées.

Les différentes expositions organisées dans le monde, les conférences et les vidéos sont l’occasion de faire prendre conscience au public à travers le monde de la situation critique des éléphants sauvages, mais aussi domestiques, face à la diminution inquiétante de leur race.

L’association développe également une ligne de peintures non toxiques facilement abordables pour les éléphants, leurs mahouts, mais aussi les enfants défavorisés de ces communautés.

Le projet a toutefois des détracteurs qui prétendent que non seulement le système est truqué par l’intervention de la main de l’homme, mais aussi que les éléphants sont soumis à une véritable torture lors de leur apprentissage. Ils mettent aussi en doute le bien-fondé de cette entreprise, arguant du fait que des humains démunis mériteraient plus l’intérêt des donateurs que des animaux.

Les nombreuses vidéos enregistrées consultables sur le site de l'association (et ici sur le site Terranova) ainsi que le livre E lephants can paint too ! de Katya Arnold (textes et photographies) aux éditions Atheneum Books for Young Readers -40 pages, octobre 2005, 15 €, ISBN 978-0689869853- permettront au lecteur de se faire sa propre opinion.

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