Témoin d'un accident : la bonne conduite à tenir

Quels sont les bons comportements à adopter lorsqu'on se trouve présent lors d'un accident?
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Le mot accident fait immédiatement penser aux accidents de la route, et pour cause: en France, chaque jour, plus de 10 personnes meurent sur la route; plus de 200 sont blessées, dont une dizaine garderont des séquelles majeures (selon l’association de la Prévention routière). Il n’en reste pas moins que d’autres accidents surviennent quotidiennement au travail, à la maison , sur les terrains de sport ou pendant les activités de loisirs.

Quel que soit le type d’accident, la conduite à tenir se déroule en quatre temps: évaluer, protéger, alerter et secourir.

Évaluer

Cette étape n’est pas une perte de temps. Elle est même indispensable au bon déroulement des suivantes. Une bonne évaluation permet sans délai ou retard inutile de mettre ou faire mettre en action les moyens appropriés. Il ne s’agit pas de regarder passivement autour de soi mais de se poser les bonnes questions au plus vite et éventuellement de noter ses observations pour les secours.

  • Nombre et état apparent des victimes.
  • Risques d’aggravation (par exemple, risque d’explosion) ou de répétition de l’accident (par exemple, risque de carambolage)
  • Ampleur des dégâts matériels et répercussions éventuelles (par exemple, épandage de produits toxiques ou menace d’incendie)

Protéger

Cette protection poursuit trois objectifs dont deux sont primordiaux.

Il faut absolument éviter ce que les secours appellent un "suraccident", c’est-à-dire un deuxième accident provoqué par le premier. Par exemple, une machine qui vient de causer un accident doit impérativement être arrêtée, sous peine de blesser une autre personne et parfois même un sauveteur (cela s’est déjà produit). De même, sur une route fréquentée, le trafic continue malgré l’accident survenu. Il faut donc baliser soigneusement la zone à l’aide de triangles de sécurité et solliciter l’aide d’autres témoins s’il y en a, dans ce même but. Pour les accidents domestiques, il peut s’agir de couper le courant ou l’alimentation en gaz.

Il faut ensuite soustraire la ou les victimes à un risque potentiel par un dégagement d’urgence. Par exemple: extraire la ou les victimes d’un véhicule ou d’un local en feu permettra d’éviter des dégâts plus importants encore que ceux créés par l’accident initial.

Enfin, il faut protéger les biens, même si cela revêt rarement un caractère d’urgence. En général, c’est la police ou la gendarmerie qui s’en occuperont. Mais cela n’exclut pas un œil vigilant pour éviter le pillage par exemple, ou le sabotage d’indices qui compliquera l’enquête consécutive à l’accident.

Alerter

Il faut que tous les moyens nécessaires et adaptés soient mobilisés au plus vite. Appelez depuis un téléphone portable ou une borne d’appel:

  • les pompiers (18);
  • le Samu (15);
  • Police Secours ou la gendarmerie (17);
  • éventuellement un centre anti-poison ;
  • les secours en mer (1616 par portable ou canal VHF 16 en mer).

Secourir

Les secours ne seront pas sur place avant plusieurs minutes. Dans l’intervalle, vous pouvez pratiquer quelques gestes simples mais susceptibles de sauver une vie. Si un témoin est titulaire du BNS (brevet national de secourisme), laissez-le faire. Dans le cas contraire, faites de votre mieux: comprimez la plaie en cas d’hémorragie, mettez la victime en position latérale de sécurité si elle est déplaçable.

Dans tous les cas, n’intervenez que si vous êtes sûr de ne pas aggraver la situation par votre intervention. Aucun sauveteur ne vous reprochera de ne pas avoir pris d’initiative malheureuse.

Ne partez pas immédiatement lorsque les secours seront là: votre témoignage peut encore être utile aux sauveteurs, ou à la police ou la gendarmerie.

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