World Solar Challenge: une course de voitures F1 solaires

Une compétition de formule1 avec des véhicules solaires: un défi relevé par le WSC et des pilotes du monde entier, dans une course à travers l'Australie.
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En Australie se déroule chaque année depuis 1987 une compétition qui rassemble des constructeurs automobiles d’un genre nouveau. De Darwin à Adelaide, soit sur une distance de plus de 3000 km et au volant de voitures propulsées uniquement à l’énergie solaire, des étudiants-pilotes s’affrontent dans une course qui n’a rien à envier aux plus classiques.

Son origine

En 1982, un Danois, Hans Tholstrup, conçoit et met au point un véhicule solaire expérimental, qu’il teste l’année suivante, en parcourant les 4000 km qui séparent Pearth de Sydney, en 20 jours. C’est alors que lui vient l’idée d’une compétition où des voitures solaires traverseraient le pays de part en part, du nord au sud. Le projet devient réalité en 1987 au départ de la première course, gagnée par l’équipe de General Motors avec son Sunracer dont la vitesse moyenne est alors de 65km/h.

Son déroulement

Les véhicules (n’excédant pas 5m de long pour 2m de large et 1,60m de haut afin de se conformer aux règles de circulation) roulent de 8h à 17h. Partant de Darwin, ils doivent rejoindre Adelaïde aussi vite que possible en installant leur camp de nuit après 17h. Les équipes doivent être complètement autonomes pour tout ce qui concerne la logistique et pour la maintenance. Les réparations sont interdites.

Son développement

Rapidement, le WSC devient la plus célèbre course de voitures solaires au monde, même si les Etats-Unis et l’Europe ne sont pas en reste avec, respectivement, le Formula Sun Grand Prix et le Solar Event Challenge en Savoie. Les spectateurs sont emballés par le défi, les véhicules, tout droit sortis d’un film de science-fiction, les surprennent et l’enthousiasme des équipes est communicatif.

Des pays de plus en plus nombreux y participent, dont l’Australie bien sûr, la France, la Belgique, la Suisse, le Royaume Uni, l’Allemagne, les Pays-Bas, les Etats-Unis, le Japon (vainqueur 2010), le Canada, ainsi que des pays moins attendus tels que Taïwan, les Philippines, la Nouvelle Zélande ou le Venezuela.

Les écoles et universités forment l'essentiel des équipes, mais on y voit apparaître peu à peu des constructeurs automobiles.

Ses objectifs

Ce succès permet d’optimiser les objectifs qui sont avant tout la promotion des énergies alternatives au pétrole et le financement de la recherche en matière d’équipement solaire. En France, l'HEI (l’école d’ingénieurs de Lille) avec ses véhicules Hélios ou l’IUP d’Amiens (génie électrique et informatique industrielle) avec ses Jules Verne travaillent d’arrache-pied à l’amélioration des modèles. Quant aux Allemands de la Hochschule Bochum (université de sciences appliquées), ils espèrent arriver à finaliser un prototype de voiture courante.

Les véhicules ne cessent de se perfectionner et approchent maintenant les 150km/h (hors course). La taille des panneaux solaires nécessaires diminue avec les améliorations techniques effectuées. Ces progrès en matière de propulsion écologique sont dus en grande partie aux écoles et universités qui participent directement, mais aussi aux sponsors des secteurs du transport ou de l’énergie qui investissent

financièrement dans le projet.

La course, qui a lieu tous les deux ans sert également de banc d’essai aux différentes disciplines de la construction automobile (utilisation optimale de l’énergie, aérodynamique, résistance des roues au frottement, performance des batteries etc.) Ces techniques peuvent ensuite être appliquées aux modèles électriques ou hybrides déjà existants.

Comme on peut le voir, le WSC va bien au-delà de la simple manifestation sportive. Il contribue directement aux progrès des nouvelles technologies en matière d’énergies renouvelables. Un bémol cependant: il reste encore à construire ces voitures de façon plus écologique: la fibre de carbone et les résines utilisées pour les carrosseries sont certes très légères, mais directement issues du pétrole. Heureusement, les étudiants de l’HEI Lille planchent sur le sujet.

Sources: site officiel du WSC et Techniques de l'Ingénieur

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