Vivre en autarcie : Utopie ou prévoyance ?

Dans un monde où la consommation excessive est devenue banale, nous sommes nombreux à espérer un jour un retour aux sources et ainsi vivre en autarcie.
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Un changement de mentalité.

Vivre en autarcie complète, pour un peuple aussi modernisé que le notre, n’est quasi plus possible. Certes, quelques familles ont réussi le passage du rêve à la réalité, et nous pouvons lire leurs témoignages à travers leur récit ou sur Internet. Cependant, loin d’une vie idéale à la Robinson Crusoë, il s’agit plutôt d’un combat comme l’ont vécu nos lointains ancêtres contre une nature souvent cruelle et rude. Avant de s’investir dans un tel changement de vie, quelques mises au point sont nécessaires :

Le désir d’autarcie doit être accompagné de beaucoup de courage, tant physique que mental : il faut être continuellement actif et avoir des capacités manuelles affutées. Ces capacités ayant eu tendance à disparaitre au profit de la capacité de maniement de nos appareils électroménager, il sera difficile d’y revenir mais pas impossible tant que l’envie est présente. En effet, c'est une philosophie qui doit être aussi solide que le courage nécessaire au changement. Autarcie signifie très souvent vivre isolé avec un mode de vie sédentaire, bien qu’on puisse espérer profiter de la solidarité de ses voisins ou amis.

Il faut également savoir se détacher de tout ce qui s’achète et renoncer à certaines « friandises » du corps et de l’esprit. C’est pourtant la rudesse de l’épreuve qui offre la fierté de se suffire à soi même et d’adopter une autre vision du monde.

Une organisation titanesque.

Si malgré tout vous souhaitez tenter l’expérience, quelques « possessions » demeurent nécessaires : il vous faudra en effet disposer d’un petit coin de terre ainsi que de l’habitation (au choix : rénovation, construction : tout est possible !). L’idéal serait que ce terrain soit pourvu d’une source d’eau potable, comme un puits. Des aménagements seront nécessaires si vos ressources en eau ne sont pas assurées. Une cuisinière à bois servira de chaudière pour l’eau chaude, de chauffage, de four et de plaques pour préparer les repas.

Le terrain permettra de produire votre nourriture de façon autonome, à travers la culture et un peu d’élevage. Un verger et un jardin potager sont nécessaires, ainsi que la culture de céréales si vous voulez nourrir vos animaux et produire votre pain. L’élevage ne sera pas intensif car il demanderait trop d’énergie : Des poules, des lapins, une ou deux chèvres, une vache (le luxe !) suffisent pour les œufs, le lait, le fromage, la viande. Un petit moulin pour moudre le grain et produire la farine est idéal. La cueillette sauvage fournira le surplus (mûres, orties sauvages, noisettes…). Un permis de chasse serait obligatoire et n’a donc pas sa place ici.

Pour le chauffage, la coupe de bois est nécessaire : ainsi, on comprend pourquoi il est difficile de vivre en autarcie. Le terme « quasi autarcie » est préférable car il vous faudra du carburant pour faire fonctionner une tronçonneuse ou de nouvelles lames pour votre hache… Sans compter le transport du bois, l’achat du sucre ou de l’huile, des médicaments, pourquoi pas celui du savon… Il faut donc prévoir de vendre quelques une de vos productions afin de satisfaire à ces besoins et d’avoir quelques liquidités pour pouvoir appeler le médecin ou le vétérinaire. Appeler ? Il faudrait donc installer le téléphone ?

Ah ! L’autarcie….

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