Sculptures, masques et objets du Pays Dogon

Le Musée du Quai Branly expose des oeuvres du Pays Dogon, une occasion de découvrir cette riche culture. Un voyage entre art et ethnographie !
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La commissaire de l'exposition, spécialiste de l'art dogon, Hélène Leloup, a réuni des chefs-d’œuvre de différents musées et collections particulières pour présenter l'art produit sur le plateau Dogon. Au centre Est du Mali, du Xe siècle à nos jours, le Pays Dogon est un lieu de rencontre et d'échange. Cette exposition est l'occasion de découvrir cette culture riche et diversifiée du 5 avril au 24 juillet 2011.

Les thématiques des statues Dogon

Aux peuples originaires de cette terre luxuriante avant la sècheresse du XIIIe siècle, se sont ajoutés d'autres peuples qui fuyaient les Almoravides, les berbères conquérants, ou l'islamisation. Les peuples Dogon ont été longtemps animistes.

Les statues Dogon étaient exclusivement faites par les forgerons, seuls aptes à tailler des effigies religieuses. Ils créent des représentations humaines en bois : cavaliers, maternités, hermaphrodites, personnages aux bras levés implorant le Dieu de la pluie. Les statues peuvent être le réceptacle de l'énergie vitale d'une personne morte, dans ce cas elle représente le défunt ou son rang. Elles sont aussi utilisées contre les maladies, et pour la fertilité.

Chaque peuple selon leur région ou les différentes vagues d'immigration ont permis à cet art d'évoluer.

  • Les statues des Djennenke sont des représentations humaines réalistes : corps allongés, nez mince, yeux protubérants, coiffure en chignon sur le sommet de la tête ou des tresses berbères, barbes allongées, scarifications en damiers aux tempes, pagne brodé autour des hanches et des bracelets.
  • Le style N'Duleri est plus raffiné et élégant, influencé par leur prédécesseurs Djennenkes . On retrouve parfois les mêmes scarifications en damiers et le pagne brodé. Les sculptures peuvent être de grande taille et de forme souple, avec des yeux très rapprochés.
  • Les Tombo étaient des guerriers, très indépendants et donc plus isolés. Leurs objets sont donc différents.
  • Les statuts Niongom ont souvent été trouvées enterrés. La particularité de ces statues est l'emploi de la forme naturelle de la branche de l'arbre. Les corps sont simplifiés, les bras collés au corps, le visage rond aux traits accentués, la mâchoire prognathe, nez en flèche et des yeux en bouton ou en losange.
  • Les Tellem passent pour des magiciens. Leurs statues sont stylisées : sculpté que sur une face, présentant des corps symétriques schématisés aux bras levés.
  • Les sculptures Dogon-Mandé présentent des attitudes asymétriques.
  • Les Tintam , au nord du territoire, décrient leur société à travers leur art : l'homme aux bras levés implorants les ancêtres, le chef de guerre, la maternité, la porteuse d'eau. De style plus massif, les caractéristiques sont : une ceinture cache-sexe, la chevelure rase divisée en trois parties, sans patine, des scarifications en quadrillage sur les tempes, des yeux rapprochés, le collier Korte avec une amulette dogon traditionnelle.
  • Un sculpteur Kambari a inventé une nouvelle forme de sculpture de petite ou moyenne taille : les personnages sont assis les coudes sur les genoux et les mains sur le visage rond sans scarifications.
  • Les habitants de Komakan faisaient des statues schématisées : bras levés, scarifications balafrant le visage en biais.

Les masques de l'ethnologue Marcel Griaule

Marcel Griaule a ramené des masque Pays Dogon depuis 1931, pour enrichir le musée de l'Homme au Trocadéro à Paris. Durant sa carrière, Marcel Graule a dénombré 68 types de masques représentant des personnages ou des mythes, tous les éléments de l'univers. Les Dogons utilisent les masques pour les Dama (les levés de deuil) et les Sigui (cérémonie ayant lieu tous les 60 ans, pour célébrer la révélation de la parole aux hommes et le premier ancêtre).

Les masques Dogon sont en principe géométriques, les yeux souvent en rectangle. Le masque maison à étage est peut-être le plus surprenant. Très haut, il est porté par des danseurs.

Les objets usuels

Les objets comme les coupes, les tabourets, les portes, les métiers à tisser, les lances, les bijoux sont d'utilisation courante, mais leur décoration est unique et évoque les mythes d'origine. Ces pièces sculptées sont en bois et en métal.

Le Musée du Quai Branly : "Dogon" du 5 avril au 24 juillet 2011.

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