François Hollande en judoka, Nicolas Sarkozy en boxeur

L'émission « Des Paroles et Des Actes », diffusée ce jeudi 26 avril 2012, a vu les deux ténors du deuxième tour prendre la parole avec combativité

L'émission « Des Paroles et Des Actes », diffusée ce jeudi 26 avril 2012, a présenté le candidat socialiste, François Hollande, et le président sortant, Nicolas Sarkozy, comme véritables challengers. Ils ont été tous deux interrogés, successivement, à six jours du débat de l’entre-deux tours, par les journalistes présents sur le plateau, orchestrés par David Pujadas.

Le premier à avoir eu droit aux multiples questions des journalistes était François Hollande, qui s’est brillement défendu, excepté sur les questions portant sur l’immigration, un des points de flottements du parti socialiste pour cette campagne 2012, comme l’a démontré le journaliste David Pujadas en lui posant la question « y a-t-il trop d’immigrés en France ? », se tâtonnant et tournant autour du pot pour ne pas répondre à la question posée. Par contre, les journalistes ont pu noter son côté proche du centre-gauche quand il s’agissait de la pénalisation du cannabis ; contrairement aux idées reçues, le député de la Corrèze n’a pas failli : pour lui, la dépénalisation du cannabis ne peut avoir lieu, contrairement à Eva Joly (Europe Ecologie Les Verts), qui se prononçait en sa faveur. Il a donc opté pour la stratégie d’aller chercher l’électorat centriste, qui ne sait plus vers qui se tourner depuis la chute de son favori, François Bayrou, au premier tour (8,5% - baromètre IPSOS).

Nicolas Sarkozy, quant a lui, a pris place sur le plateau de France 2 après les 45 minutes de temps de parole de François Hollande. D’entrée, il attaque sur François Hollande qui refuse de débattre plusieurs fois avec lui dans l’entre-deux-tours. Mais ce côté offensif s’avère parfois agressif. « Un petit peu gris mais, au fil de l’émission, plus animé, on avait en face de nous un challenger qui se battait. Il révèle un cran incroyable» , racontait Franz-Olivier Giesbert, directeur du Point.

Comme pour François Hollande, le journaliste François Lenglet, directeur de la chaîne BFM Business, interroge le candidat sortant sur les récents propos de Mario Draghi, patron de la BCE, à propos de l'idée d'un " pacte de croissance ". Cette proposition avait d'abord été interprétée comme un soutien à la position de François Hollande, ce qui n'est pourtant pas le cas. « N'avons-nous pas trop misé sur la rigueur en suivant l'Allemagne ? » , l'interroge par après le spécialiste de l’économie.

Intransigeant, maniant persévérance et sûreté comme il l’a toujours fait, Nicolas Sarkozy lui rétorque que « les mots ont un sens, et que la rigueur, c'est quand on baisse les pensions, les salaires, comme en Grèce par exemple, où les retraites ont été baissées de 22,5 %, selon l'OCDE ». Il poursuit, toujours sur le même ton : « De combien les retraites ont été baissées en France ? 0 % » .

Enfin, le président est resté fidèle à son positionnement de l’entre-deux-tours qu’il cultive depuis lundi: discours victimaire par rapport aux médias et discours décomplexé vis-à-vis de l’électorat frontiste, qu’il semble cultiver à merveille sous les conseils prodigieux de son conseiller Patrick Buisson, malgré sa réponse à la question de Marine Le Pen, qui était de savoir pour quel parti il pencherait en cas de second tour PS-FN aux législatives: « pas d'alliance avec le FN, pas d'accord avec le PS » .

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