La dégradation du triple A sous la loupe

Phénomène décrit comme alarmant, dévastateur économiquement, faut-il vraiment s'inquiéter de la disparition du triple A ? Quels en sont les enjeux?

Une crise anodine?

A première vue, la façon dont les médias dépeignent la perte du triple A fait de cet évènement un sujet de préoccupation majeur. Il suffit de regarder autour de soi: les gens font comme si de rien n'était, font les soldes, vaquent à leurs occupations, remplissent les terrasses... Tout ceci malgré cette crise économique et financière qui nous assomme depuis qu'elle a atteint son paroxysme en automne 2008. Trois ans plus tard, le 5 décembre dernier plus précisément, l'agence de notation révélait que la plupart des pays de la zone euro pourraient voir leur note abaissée à très court terme en raison d'une aggravation des tensions systémiques liées à la crise de la dette. Un buzz économique ayant comme principal but de mettre la pression sur les pays les plus endettés, mais qui implique plusieurs contraintes pour les pays touchés: taux d'intérêt sur leurs dettes qui augmentent, donc difficultés supplémentaires à emprunter sur les marchés financiers. Les marchés eux, s'ils se méfient, demanderont donc à prêter à des taux plus élevés. En fin de compte, les seuls rescapés de l'attaque des Agences de Notation sont le Luxembourg, l'Allemagne et les Pays-Bas.

D'où provient cette crise ? La vérité en chiffres et l'obsession anti-sarkozyste

L'équation est pourtant simple, mémorisez-la et répandez-la autour de vous. La France a quelque 1 400 milliards d'euros de dettes. En moins de cinq ans, la politique de Nicolas Sarkozy, à elle tout seule, l'a augmenté, tout le monde s'accorde sur ce chiffre, qui serait de 630 milliards. Là-dessus, les spécialistes les plus indépendants se sont penchés sur la question et estiment que 150 milliards seulement, si on peut dire, sont explicables par la crise. Selon Emmanuel Lévy et Mélanie Delattre, journalistes à Marianne et au Point, le vrai coût du quinquennat sarkozyste s'élèverait à quelques 500 milliards d'euros, somme pour laquelle le président de la république soit redevable. Sujet d'ailleurs brillamment étudié dans leur livre «Un quinquennat à 500 milliards ».

D’autre part, il est clair que la France est sanctionnée mais elle l'est faiblement. Au départ, il était envisagé qu'elle descende de deux crans... Au final, elle ne descend que d'un. C'est une heureuse surprise. L'agence de notation a par ailleurs attendu un moment plus favorable pour ne pas nous accabler et pour ne pas disqualifier N. Sarkozy. La note AA est aussi celle des USA.

C'est donc avec ironie que je constate l'acharnement une fois encore sur la personne de Nicolas Sarkozy ; sous prétexte que la France a perdu son triple A, monsieur Sarkozy passe pour le bouc émissaire... Il a certes fait des erreurs, indéniablement, ou plutôt, dans sa prise de risque à réformer, il n'a pas su anticiper la crise qui s'annonçait, et de ce fait n'a pas obtenu la relance qu'il était en droit d'attendre de sa politique à ses débuts. Au plus bas dans les sondages et diverses intentions de vote, il cherche à reconquérir l'électorat français avec son image de père serein et protecteur. Sera-ce suffisant? A l'heure où ce pays périclite, il est très profondément malhonnête d'en attribuer la seule responsabilité à Nicolas Sarkozy et à son gouvernement. Voilà ce qui serait une avancée sociale essentielle que d'affirmer enfin une pleine maturité dans un rôle d'opposition. Sarkozy le dégradé, hier le facho, sont les termes que les ados cruels et bornés emploient pour le disqualifier. La politique de Nicolas Sarkozy a été dans son ensemble courageuse, audacieuse parfois même et enregistre quelques beaux succès parmi les très nombreuses réformes qu'il a osé engager.

L'aggravation de la dette est pourtant son principal désavantage, sans compter qu'il avait annoncé la couleur si jamais la France venait à perdre son triple A: "Si jamais la France perd son triple A, je suis mort". Peut-être pas, comme nous le savons tous, la politique peut changer assez rapidement, et ce d'un moment à l'autre. Le président possède encore plusieurs atouts et fait preuve d'une stratégie communicative qui ne le lésera pas durant ces quelques mois de campagne restants, bien au contraire...

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