Comprendre le phénomène "mari de nuit" selon Carl Gustave Jung

Plusieurs femmes rêvent d'un "mari de nuit", un homme avec qui elles ont des relations sexuelles nocturnes. Voici l'analyse du phénomène selon C.G Jung.
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La femme qui pendant son sommeil de la nuit rêve d'avoir une relation sexuelle avec un homme connu ou inconnu doit savoir qu’il s’agit d’un phénomène psychique normal lorsqu’on interroge la psychanalyse de Carl Gustave Jung et non de la manifestation satanique du mari de nuit. En effet, selon Carl Gustave Jung, « les rêves remplissent une fonction de compensation » (Carl Gustave Jung, Essai d’exploration de l’inconscient, Paris, Ed. Gonthier, 1964, p. 92). Ils donnent donc à voir ce qu’on n’est pas mais qu’on voudrait être, souvent, sans le savoir. Le phénomène "mari de nuit" est donc une réaction inconsciente qui se passe au niveau du psychisme mais dont le seul rêveur en est l’auteur.

Signes de manifestation du mari de nuit

Selon Carl Gustave Jung, en chaque personne humaine sommeillent des archétypes divers. Ces archétypes sont construits à partir des instincts, c’est-à-dire des pulsions physiologiques perçues à par les sens mais qui finalement prennent des forment des images symboliques : père, mère, femme fatale, démon… (Gustave Jung, Essai d’exploration de l’inconscient, Paris, Ed. Gonthier, 1964)

Au regard de la théorie psychanalytique de Jung sur le symbolisme, le mari de nuit n’est qu’un archétype de mari que s’est construit la psyché par refoulement et qui se manifeste sous forme de rêve. Ainsi donc, une femme qui rêverait d’une relation sexuelle masochiste où elle est soumise aurait dans son subconscient l’archétype d’un mari violent que dans la vie courante elle a du mal à accepter. A l’opposé, une femme qui a l’habitude de rêver d’une relation sexuelle masochiste où elle domine ou prend le dessus sur son partenaire, a sûrement dans son subconscient l’archétype d’un mari tendre, attentionné, galant, etc.

Par ailleurs, il peut arriver que le rêve d’un mari de nuit soit obsessionnel, mieux truffé d’une forte charge affective. Dans ce cas, Carl Gustave Jung propose de pousser l’interprétation jusqu’aux éléments qui ne sont pas individuels au rêveur, c’est-à-dire des éléments qui ne peuvent être tirés de son expérience personnelle mais à des formes psychiques qui peuvent être innées, originelles qui constitue l’héritage de l’esprit humain (Carl Gustave Jung, Essai d’exploration de l’inconscient, Paris, Ed. Gonthier, 1964, p. 93).

Mari de nuit : moyen de connaitre l'archétype amoureux des rêveurs

Le rêve a une fonction de compensation, dit Carl Gustave Jung. Or en psychanalyse, on parle de compensation lorsque le sujet est dans un état psychique de manque. Le manque psychanalytique n’est pas fondamentalement l’absence d’un bien. Même l’opulence peut être à l’origine d’un manque. En fait, c'est un vide refoulé dans l'inconscient à l'occasion d'une ou d'une série des situations données et dont le sujet n'a pas souvent conscience. Et, le rêve est de l'avis de Jung, le moment par excellence pendant lequel les états de manque refoulés dans l'inconscient remontent à la conscience mais, sous forme de réponse compensatoire au manque originel (Carl Gustave Jung, L'analyse des rêves, Paris, Albin Michel, 1930, Tome 2).

De ce qui précède, rêver d'un mari la nuit dénote la compensation d'une situation amoureuse dont on n'a pas forcement conscience. Mais le récit du rêve, au regard de la théorie de Carl Gustave Jung sur les rêves, est un moyen pour déduire sur l'archétype d'homme que la femme qui rêve voudrait avoir.

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