Etre seigneur au Moyen-Âge

Au Moyen Âge, un seigneur est un propriétaire terrien. Le fait de posséder des terres lui donne ascendance et pouvoirs sur la population locale.
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Au Moyen Âge, la grande majorité de la population habite dans les campagnes et vit de l'agriculture. Les paysans travaillent la terre qui constitue la principale richesse. S'il existe quelques parcelles sans seigneurs, travaillées par des paysans (les alleux), la plupart des terres forment de grands domaines qui appartiennent à des seigneurs : les seigneuries donc. Comment s'organisait une seigneurie ?

La réponse c’est dans cette visitation de l’histoire de l’Europe au IXe (après J-C), principalement sur la vie du seigneur, ses propriétés terriennes, son pouvoir et ses habitudes dans le château où il habite.

Qu’est-ce qu’une seigneurie ?

La plupart des terres forment de grands domaines qui appartiennent à des seigneurs. On les appelle des seigneuries. Une seigneurie se divise en deux parties : la réserve et les tenures.

  • La réserve

Les bâtiments du seigneur - comme le moulin (pour moudre le blé), le four (pour cuire le pain) et le pressoir (pour presser le vin) mis à la disposition des paysans contre redevances - sont aussi dans la réserve.

La réserve regroupe également des terres cultivées par des serfs (sorte de descendants des esclaves) et, enfin, les bois de la seigneurie dans lesquels le seigneur va chasser.

  • Les tenures

Les pouvoirs d’un seigneur

Le seigneur possède un pouvoir économique important sur ses terres et leurs habitants. En tant que propriétaire de sa seigneurie, il récolte les impôts en argent et en nature des paysans qui travaillent sur ses terres.

Il détient également le pouvoir judiciaire car il est seul maître sur son domaine et donc il est celui qui rend la justice.

Enfin, il détient le pouvoir militaire : comme il a le droit de ban, c’est-à-dire l’autorité sur tous les habitants de sa seigneurie, il peut convoquer n’importe quel guerrier pour participer à ses opérations militaires.

Cependant, à partir du XIVe siècle, le développement des armées au service de rois devenus puissants affaiblit le pouvoir des seigneurs locaux et fait disparaître progressivement la féodalité.

Le seigneur et la vie dans le château

En cas de paix, la vie quotidienne est austère au château : le seigneur rend la justice et perçoit le fruit des impôts sur ses terres. Guerrier, le seigneur est entouré de jeunes hommes d’origine noble, qui apprennent à ses côtés le métier de chevalier.

Pour éviter l’ennui, le seigneur s’adonne à ses loisirs favoris que sont la chasse et les échecs, deux stratégies d’entraînement au combat. Il pratique aussi les jeux de dames ou la lecture, lorsqu’il a appris à lire. Il aime également rire des bouffonneries de son « fou » ou écouter les poèmes, musiques et chants des troubadours de passage. Des fêtes sont régulièrement organisées ; la plupart suivent le calendrier religieux. À ces occasions, des joutes et des tournois sont organisés, de même que des banquets et des danses.

Pour leur part, les paysans ne participent pas à cette « vie de château ». Ils travaillent aux champs ou au défrichement des terres. Malgré l’interdiction de chasser qui est un privilège du seigneur, ils s’adonnent au braconnage pour augmenter d’une viande le repas du soir. Plus simples, leurs fêtes suivent aussi le calendrier religieux.

Sources :

Eric Bournazel et Jean-Pierre Poly, La mutation féodale, Xe-XIIe siècles, Paris, Presses universitaires de France, collection « Nouvelle Clio », 1991.

Éric Bournazel, Les féodalités , Paris, Presses universitaires de France, collection « Histoire générale des systèmes politiques », 1998.

Georges Duby, La féodalité , Paris, Gallimard, 1996.

François-Louis Ganshof, Qu’est-ce que la féodalité , Bruxelles, Presses universitaires de Bruxelles, 1968.

Karl Ferdinand Werner, Naissance de la noblesse : l’essor des élites politiques en Europe , Paris, Fayard, 1998.

http://gallica.bnf.fr/themes/PolMA.htm

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