Le procès de Jésus : un meurtre judiciaire

Sous l'angle du système judiciaire juif, le procès de Jésus tel que détaillé dans les quatre évangiles est truffé d'irrégularités et accusations infondées.
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Les quatre évangélistes de la Bible détaillent en des termes parfois distincts l’arrestation, le procès et l’exécution de Jésus-Christ en moins de 15 heures. Vu sous l’angle du système judiciaire juif de l’antiquité, le procès qui a conduit à l’exécution du Christ est truffé d’une série d’irrégularités et d’accusations non fondées. Maître Sylvain Pont l’a carrément qualifié de « crime le plus sombre dans l’histoire de la jurisprudence » ( http://www.lepost.fr/article/2010/05/18/2078658_le-proces-de-jesus-christ-par-maitre-sylvain-pont.html ).

Voici un essai d’analyse juridique des récits du procès tels qu’ils rapportés par les quatre évangélistes.

Des irrégularités

  • L’arrestation de Jésus ne fait pas suite aux dépositions concordantes d’au moins deux témoins
  • L’inexistence des chefs d’accusation au moment de l’arrestation
  • Les accusations capitales étaient jugées de jour et ne pouvaient être jugées de nuit
  • Les accusés étaient protégés contre les mauvais traitements jusqu’à l’établissement de leur culpabilité
  • L’affirmation de Jésus selon laquelle il était le Messie, considérée comme un blasphème, n’a pas été examiné

Des accusations infondées

Accusé de blasphème par le Sanhédrin, Jésus est condamné à la peine de mort. Mais, celui-ci ne pouvait ordonner son exécution, car la Palestine du Ier Siècle étant sous tutelle de Rome était autorisée d’exercer la justice parmi les juifs selon son système judiciaire propre mais était interdite d’exécuter les criminels. Ainsi, devant l’impossibilité d’exécuter Jésus d’eux-mêmes, les juifs le conduisirent chez le gouverneur romain Ponce Pilate afin que celui-ci le condamne. Malheureusement pour eux, Pilate n’est pas juif et se déclare incompétent pour traiter d’un cas de blasphème.

Malignement, les détracteurs de Jésus de Nazareth requalifièrent leur accusation de blasphème en celle de la trahison. Ils dirent à Pilate : « cet homme, nous l’avons trouvé bouleversant notre nation, et interdisant de payer les impôts à César, et se disant lui-même Christ, un roi ». (Luc 23, 2).

En effet, l’accusation d’interdire de payer les impôts étaient fausses, les juifs le savaient. Dans la péricope sur le paiement des impôts, Jésus avait enseigné tout le contraire (Matthieu 22, 15-22). Quant à celle selon laquelle Jésus se disait lui-même roi, Pilate s’est vite aperçu que le frêle homme qui se tenait devant lui ne constituait aucunement une menace pour Rome. (Jean 18, 38).

Analyse des irrégularités et accusations infondées

La plupart des critiques juridiques qui ont analysé le récit du procès de Jésus tel que rapporté par les évangiles ont conclu à une parodie de justice. Qu’un tel procès ait été commencé, se soit terminé, et la sentence ait été prononcée entre minuit et midi était une violation des procédures et des règles du droit hébreu, ainsi que des principes de la justice. Dans une interview postée sur Youtube maître Pont déclare : « l’ensemble du procès était marqué par une telle illégalité et des irrégularités si flagrantes que le résultat ne peut être considéré ni plus ni moins comme un meurtre judiciaire » (. http://www.youtube.com/watch?v=YCR8u7dbql8 ).

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