Un projet de loi anti homosexuel repoussé sine die en Ouganda

Cette loi qui prévoit la peine de mort lorsque dans une relation homosexuelle, un des partenaires est séropositif, a suscité la colère des États-Unis.

Le premier à réagir, c’est le porte-parole du département d’Etat américain qui qualifie la loi d’abjecte. Allant plus loin, les parlementaires américains ont carrément menacé de couper l’aide à l’Ouganda et aussi de faire pression pour que toutes les aides multilatérales en provenance du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale soient gelées au cas où la loi viendrait à être adoptée. Face à cette vague des réprobations, le bureau de l’Assemblée nationale ougandaise n’est pas resté sourd. Son président, M. Edward Ssekandi, a préféré renvoyer le débat sur la question à une session ultérieure.

Une loi anti-homosexuelle

Appelé « Anti-homosexuality bill 2009 », ce projet de loi a été initié par le député David Bahati et introduit pour débat à l’hémicycle en octobre 2009. Il prévoit l a peine de mort pour le viol d’un mineur par une personne du même sexe ou en cas de transmission du sida lors des relations homosexuelles . En outre, il prévoit aussi de punir toute discussion publique sur l'homosexualité, et rend passible de poursuites les parents, professeurs, médecins d'homosexuels, ou encore un propriétaire qui leur louerait un logement, en omettant d'alerter la police sur leurs orientations sexuelles . Par ailleurs, l’ajournement de la loi anti homosexuelle n’est pas seulement une réponse à un tollé de critiques internationales mais aussi un engagement pour le gouvernement ougandais de revoir son arsenal répressif qui prévoit déjà la réclusion à perpétuité pour toute personne reconnue coupable de relation homosexuelle. Selon le ministre de l’Éthique et de l’intégrité, James Nsaba Buturo, l’Ouganda « abandonnera la peine de mort et l’emprisonnement à vie pour les gays dans une version redéfinie de [sa] loi » .

L’Ouganda est un des rares pays à avoir tout un ministère pour veiller à l’éthique publique et à l’intégrité. Et comme le ministre de la tutelle ne tarit pas d’imaginations, il y a quelques mois celui-ci avait ouvertement déclaré son intention d’interdire le port de la mini-jupe.

L'Afrique, pas du tout "gay friendly"

Cependant, le cas de l’Ouganda est évocateur d’une situation qui est générale à l’Afrique. Dans la plupart des pays, l’homosexualité est considérée soit comme une malédiction soit comme une déviance. Bien que plusieurs pays n’aient pas une réglementation répressive appropriée sur la question, les forces de l’ordre tolèrent souvent toutes les formes de sévices dont sont victimes les gays et les lesbiennes.

En République démocratique du Congo par exemple, un député pasteur a déposé au bureau du parlement depuis près d’une année un projet de loi répressif de l’homosexualité, la zoophilie, la pédophilie et la nécrophilie. Avec la montée actuelle des églises évangéliques dont l’influence a fini par inféoder le pouvoir public, le parlement congolais risquerait de ne pas céder aux pressions internationales au moment de son examen.

Sources :

- Radio France Internationale (Journal parlé de 6h30’ du samedi 14-05-2011)

- www.afrik.com (vendredi 11-05-2009)

- www.la-croix.com (vendredi 13-05-2011)

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