Mondrian / De Stijl : les arts appliqués

Couleur et spatialité: de nouveaux concepts de beauté universelle dans l'art, en peinture, sculpture, architecture et dans les arts appliqués contemporains
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«Le but de la vie est l'homme, le but de l'homme est le Style» citation extraite de la revue De Stijl

Le mouvement De Stijl propose à la fois une vision utopique – jusqu'à imaginer une ville flottante –, et un engagement dans la vie du monde moderne et industrialisé. En 1917, T. Van Doesburg et Mondrian créent la revue De Stijl , dans laquelle Mondrian publie ses articles .

Van Doesburg y souligne «la nouvelle expression plastique du peintre comme une continuation logique du cubisme», n'ayant pas assuré ses développements précise Mondrian qui va définir les principes généraux du néoplasticisme.

Les principes généraux du Néoplasticisme

Van Doesburg écrit: «Cette petite revue veut être une contribution au développement de la nouvelle conscience esthétique…Vis-à-vis de l’embrouillement archaïque – le baroque moderne – elle veut poser les principes logiques d’un style mûrissant, fondé sur l’équivalence pure de l’esprit de l’époque et des moyens d’expression. Là où le public est en retard sur l’art, c’est la tâche de l’homme de métier de réveiller chez les profanes le sens du beau. »

De Stijl

:

1) Utilisation du plan, des trois couleurs primaires et des non-couleurs (noir, gris, blanc) En architecture l’espace vide est la non-couleur

2) Même valeur et équivalence des moyens plastiques pour l’équilibre. Exemple : une grande surface de non-couleur ou d’espace vide et une petite surface de couleur ou de matière

3) Dualité et opposition

4) Equilibre constant exprimé par la ligne droite et son opposition principale (rectangle)

5) Rythme vivant par un rapport de proportions

6) Toute symétrie exclue

Une école stylistique

Ces six principes formels et abstraits, qui excluent toute narration et subjectivité, sont les bases d'un mouvement réunissant toutes les disciplines artistiques (peinture, sculpture, graphisme, vitrail, design , architecture). La revue éditée pendant quatorze ans va faire connaître des artistes importants: le peintre B.Van der Leck , V. Huszar, G. Vantongerloo le sculpteur belge, G. Rietveld, ébéniste devenu architecte qui conçoit la célèbre Chaise rouge et bleue. Elle deviendra l’icône du mouvement De Stijl. Son créateur explique qu’il a cherché la synthèse entre la forme la plus élémentaire de chaque composant, choisi un matériau économique et une fonctionnalité traditionnelle.

La maison Schröder (1925) à Utrecht est l’archétype de l’architecture inspirée du mouvement De Stijl; elle est «anticubique» selon Van Doesburg: elle rejette vers l’extérieur ses diverses fonctionnalités, ne les contenant plus dans une seule masse cubique mais dans ses développements. Le Centre Pompidou présente de nombreuses maquettes de ces projets architecturaux, voire urbanistiques. Les architectes des années 1930, du Corbusier à Mallet-Stevens, en passant par Mies van der Rohe, se sont inspirés des idées de De Stijl.

La rupture avec van Doesburg est consommée quand ce dernier veut introduire, dans le néoplasticisme le mouvement, matérialisant la quatrième dimension, qui trouve son expression la plus parfaite par la diagonale, Mondrian refuse cette «corruption arbitraire».

Des disciples et un marché de l’art florissant pour Mondrian

Quelques-uns des plus importants courants du siècle dernier sont nés de ce mouvement: l'art géométrique avec Max Bill et Barnett Newman , l'art optique avec Albers, Vasarely, l'art cinétique avec Calder et Soto. Les artistes contemporains, F. Del Marle, J. Gorin, Calder , C. Domela, A. Nemours, K. Schwitters, F. Morellet, disciples de Mondrian ont choisi cet «art d’aujourd’hui» qui atteint sur le marché de l’art des cotes importantes.

La vente de la collection Bergé-Yves Saint Laurent chez Christie's, en février 2009 a établi le record pour Mondrian: Une Composition avec bleu, rouge, jaune et noir (1922) s'est envolée à 21,5 millions d'euros, parfaite d'équilibre elle évoque la fameuse robe Mondrian (1965) du couturier. Le second plus haut prix, 21 millions de dollars, en 2004 chez Sotheby's, revient à une étude de 1942 pour le célèbre tableau Broadway Boogie Woogie , peint l'année suivante et aujourd'hui conservé au MoMA.

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