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LIONEL ROQUEFORT

Publié dans : Les articles Environnement de Lionel Roquefort

La divagation et la prolifération des chats

Les dispositions actuelles en matière de lutte contre la divagation et la prolifération des chats

Les bonnes âmes, amis des animaux, sont légion. Propres à soigner ou à nourrir les animaux de compagnie tels que les chats, ces derniers ignorent parfois les risques liés à la reproduction non contrôlée de nos petits amis félins. N'oublions pas que l'ensemble des animaux en droit français bénéficie depuis janvier 2015 d'un statut d'« êtres vivants et sensibles » qui nous amène tous à réfléchir plus que jamais à la portée de nos actes.

Des capacités reproductives impressionnantes


Les chattes arrivent à maturité sexuelle vers l'âge de six mois.

Leur période de chaleurs de dix à quinze jours s’étale d'une manière générale de la fin de l'hiver au début de l'automne.

La gestation de la chatte dure en moyenne un peu plus de deux mois (64 à 69 jours). Une portée moyenne se compose de trois à cinq individus.

Si l'on fait le calcul, on arrive à un total de deux à trois portées par an selon les facteurs climatiques géographiques et saisonniers.

En théorie, on peut donc facilement en déduire qu'une chatte peut mettre au monde dix à quinze chatons par an (sans compter la mortalité à la naissance).

On estime, mortalité écartée, que chaque couple de chats peut donner naissance à 8 chatons viables par an, qui forment ainsi avec leurs parents 25 couples. Ils donneront, à leur tour, 40 chatons l’année suivante, qui donneront, à leur tour, 200 chatons l’année d’après… A partir d’un seul couple, la reproduction peut atteindre 5000 chatons en 5 ans !


Estimation d'évolution démographique générationnelle si gestation entre 32 et 65 jours.


Ce constat n'est pas sans poser des questions en terme de surpopulation lorsqu’en plus la nature est encouragée par la main insouciante de l'Homme.

En effet, dans les cas où une pression démographique constante se fait sentir, la croissance des nuisances pouvant être occasionnées par la présence en nombre des chats est exponentielle.

Surpopulation, nuisances et maladies


De nombreuses communes de France sont soumises à des nuisances en rapport avec la surpopulation des chats errants notamment durant la période de rut.

Il est bien connu que le chat délimite son territoire par des jets d'urine malodorante et pas des griffades.

Parallèlement, les mâles durant ces périodes, se bagarrent même avec des chats déjà castrés, ce qui engendre de graves blessures.

Enfin, les miaulements et vocalises extrêmement bruyants sont une source de nuisances sonores importante notamment la nuit.

Bien d'autres inconvénients, comme la présence en nombre des excréments en période de rut, sont à mettre sur le compte de la présence massive des chats.

Le surnombre d'individus entraîne à terme la multiplication des maladies propres au chat (virus de l'immunodéficience féline, leucose, coryza, typhus…). La rage, seule maladie transmissible à l'Homme est pour l'instant éradiquée de France depuis 1995.


Même si la présence de chats libres et stérilisés est essentielle dans la lutte contre d'autres nuisibles et la stabilisation des populations d'un territoire, il convient de mettre en place des actions publiques de contrôle de la population.

L'intervention des pouvoirs publics


Nos élus de proximité ont la possibilité d'intervenir afin de maîtriser la démographie et l'état sanitaire des populations de chats.

Les articles L211-22, L211-23 et L211-27 du code rural fixent les définitions et les prérogatives des maires en la matière.

Le premier magistrat de la commune peut prendre des arrêtés propres à empêcher la divagation (L211-22).

Au titre de l'article L.211-27, il peut également à son initiative ou à la demande d'une association de protection des animaux faire capturer les animaux errants à des fins de stérilisation et d'identification. Mais les individus capturés doivent être depuis, le 1er janvier 2015, relâchés sur leur lieu de capture.

Le maire doit justifier tout recours à la mise en fourrière des animaux et motiver tout refus de mise en œuvre d'une campagne de stérilisation demandée et financée par les associations de protection des animaux.

Ces opérations font l'objet d'un arrêté municipal et sont préparées en collaboration avec les services vétérinaires et les associations.

La finalité de cette pratique est de stabiliser la démographie en limitant les chances de reproduction, tout en fixant les populations locales permettant d'endiguer la venue sur un territoire donné de nouveaux chats non stérilisés.

Pour finir, en marge de ces textes il convient de se souvenir également que le code de la santé publique institue dans son article L.1311-2 le principe d'établissement d'un règlement sanitaire départemental pris par arrêté préfectoral sur la base duquel le maire peut instaurer un règlement municipal plus contraignant visant à interdire le nourrissage des animaux errants.

En tant qu'administré, victime de nuisances avérées occasionnées par la présence en nombre d'animaux errants non stérilisés, vous pouvez donc soit vous tourner directement vers vos édiles ou alors par l'intermédiaire des associations de protection des animaux qui assureront le relais administratif et technique de votre demande.


Sources :

  • Les articles L.211-22, 23 et 27 du code rural
  • L'article L.1311-2 du code de la santé publique

Iconographie :

  • Stérilisation = Solution lespetitespatounes.asso-web.com
  • cdn.buzznet.com

À propos de l'auteur

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LIONEL ROQUEFORT

Fonctionnaire territorial spécialisé dans le domaine de la police de l'environnement, je prends plaisir à m'essayer à l'écriture.
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