Des cheveux transformés en diamants de synthèse

Comment des cheveux deviennent éternels par leur transformation en diamants de synthèse ? Quels débouchés pour cette brillante et fantaisiste idée ?
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Loin du Botswana, de la République démocratique du Congo et de la République Centrafricaine et leurs 75345 carats de diamants produits à eux seuls en 2005, il existe une alternative théorique à l’exploitation minière des « diamants de sang ». Cette technologie permettant la synthèse artificielle du diamant à partir du charbon a été mise au point dans les années 50 par des chercheurs suédois. Elle a permis la production de diamants de petite taille pour l’industrie.

Mais aujourd’hui, ces procédés sortent peu à peu de la confidentialité industrielle de façon tout à fait originale en utilisant par exemple comme élément carboné de base des cheveux ; ces derniers étant composés en moyenne de 50 % de carbone.

On trouve ainsi par exemple en Espagne et plus particulièrement en Andalousie, une petite et discrète entreprise du nom d’ IrisGem qui pour des besoins publicitaires a tenté l’expérience en s’inspirant de la technologie russe dans ce domaine.

Le procédé technique

Il faut tout d’abord récupérer une mèche d’environ 1 gramme.

Les cheveux sont placés dans un four à haute température afin d’en extraire le carbone (compter environ 400 milligrammes de carbone extrait d’un gramme de cheveux soit huit fois la quantité de carbone nécessaire à la production d’un seul diamant).

Ce carbone est ensuite mélangé à des métaux de transition faisant office de solvants puis introduit dans une sorte de gangue ou contenant en céramique pour enfin être mis dans une sorte de four mis sous pression reproduisant les conditions géologiques de formation du diamant (soit 1500 °C pour une pression de 45485000 hPa).

Cette opération cristallise le carbone en environ cinq semaines.

La particularité de la fabrication des diamants de synthèse est que l’on obtient des spécimens de différentes couleurs (ambre, jaune, vert, bleu, blanc).

Le diamant brut ainsi obtenu et ensuite envoyé chez les « diamantaires » de la place d’Anvers pour la taille de ces derniers en fonction des desiderata du client : taille ronde dite « brillante », carrée à 76 facettes dite « princesse » ou encore rectangulaire dite « radiant ».

Qui sont les clients ?

En premier lieu, les diamants étant considérés comme éternels, l’industrie du souvenir funéraire s’est intéressée à ce procédé de fabrication en proposant à ses clients fortunés la transformation des cheveux du défunt en diamant de synthèse.

Certains clients demandent également que les poils de leurs chers compagnons à quatre pattes passent brillamment à la postérité…

Autre créneau porteur : les cheveux des icônes et des célébrités.

On connait l’exemple des restes des cheveux de Michael Jackson accidentellement carbonisés et ramassés afin d’en faire des diamants.

Plus récemment, des clubs de football brésiliens et espagnols comme le FC Séville ou le Real Madrid ont passé commande de diamants élaborés à partir des cheveux de leurs joueurs.

Pour l’instant, le Brésil est le principal client de l’entreprise espagnole mais cette dernière cherche à développer son concept en Europe.

Ces miracles technologiques ne doivent pas pour autant nous faire oublier que la valeur de vente des diamants de synthèse est inférieure de 10 à 50 % à celle des diamants naturels issus de l’industrie minière. Il est ainsi malheureusement inconcevable d’imaginer pour l’instant la substitution de l’un à l’autre des procédés de production. L’exploitation minière et humaine qui en découle de la Russie à l’Afrique noire a encore hélas de beaux jours devant elle.

Sources :

- http://fr.wikipedia.org/wiki/Diamant

- http://www.courrierinternational.com/article/2011/10/17/des-cheveux-qui-valent-de-l-or

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