Faire du feu sans allumettes : la méthode dite "par friction"

Le matériel nécessaire et les conseils pratiques pour réussir à allumer un feu en pleine nature sans allumettes grâce à la méthode dite "par friction"
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Que vous soyez un adepte de la survie douce ou militaire ou encore un archéologue expérimentateur en herbe des techniques utilisées à l'ère préhistorique ou protohistorique, la méthode traditionnelle par friction pour faire du feu est certainement la plus ludique. Cependant, elle n'est pas pour autant celle qui s'avère être la plus aisée à mettre en pratique.

L'aventure mérite d'être tentée. A vous de jouer...

Le matériel

Avant toute chose, il faut préparer avec soin le foyer selon la méthode choisie (berger, trappeur, avec réflecteur naturel ou pas) et de le sécuriser (cerclage de pierres...).

il convient de préparer un socle de bois dans lequel on aura au préalable réalisé une amorce de trou que l'on exécutera à l'aide de la pointe d'un couteau à environ un centimètre de l'un de ses bords.

De-même, à l'aide de la lame, on pratique une entaille en forme de V entre le bord du socle et le centre du trou.

Ensuite, on se procure un petit bâton le plus droit possible dont l'un des bouts sera arrondi de façon grossière. Notez que le bois utilisé pour le socle et le bâton devra être si possible de même essence et parfaitement sec et vieux en privilégiant les bois tendres (orme, érable, saule, tilleul, peuplier et tremble).

Enfin il faudra construire un « arc à feu » ou « archet à feu » à l'aide d'une petite branche de bois vert solide mais souple entre les extrémités de laquelle une cordedelette ou un lacet de cuir sera tendu.

Pour plus d'adhérence de la courroie au « bâton-pivot », on pourra si besoin l'enduire de résine de pin.

Afin d'éviter de se brûler la paume de la main lors de la friction avec l'autre extrémité du bâton, il sera nécessaire d'utiliser en protection un autre petit bloc de bois avec amorce faite au couteau ou bien alors tout autre objet disponible (coquillage, os, pierre creuse...).

On veillera tout de même à tenir correctement éloignée de la zone de frottement la paume de sa main en tenant cette protection improvisée par les côtés pour ne pas se bruler à cause de la conduction thermique. Si l'on a un morceau de savon avec soi, il sera utile d'en frotter les deux pointes du pivot afin d'en faciliter la rotation à la fois sur le socle et sur l'objet mis en protection.

A côté de ce dispositif, on préparera de « l'étoupe » que l'on peut constituer avec de la fibre de tissus mise en charpie, de la corde de chanvre effilochée, des champignons (vesse-de-loup), des polypores (amadouvier) et de la moelle de sureau ou de bouleau...

Il sera dès à présent également utile de préparer à proximité du foyer un tas conséquent de brindilles et de petit bois bien sec ainsi qu'un début de stock de bois sec de plus grosse taille en prévision de l'alimentation du feu.

Êtes-vous prêt ?

Mise en place et action

Dans un premier temps on place le socle à terre en l'isolant du sol avec une pièce de tissus non inflammable ou de cuir.

Ensuite on pose le pied sur le socle afin qu'il ne bouge pas.

On exécute un tour de courroie avec le pivot placé au milieu de la pointe imparfaitement arrondie que l'on positionne ensuite dans l'amorce du trou du socle.

A ce stade, on peut commencer à actionner lentement l'archer dans un mouvement de va-et-vient ressemblant à celui pratiqué avec une scie.

De la fumée va alors se dégager de l'appareil et de la poussière noire (sciure carbonisée) et chaude va tomber à travers l'encoche. Attention, car de la qualité des matériaux utilisés va dépendre la réussite de la suite de l'opération.

Ainsi, la production d'une sciure fine, se dispersant facilement, est à proscrire. C'est le cas de celles engendrées par les essences de bois dur (chênes,châtaignier, noyer...) et les résineux. Par contre, une poussière bien épaisse et amalgamée emmagasinera une chaleur concentrée plus efficace et évitera tout découragement.

On accélère alors la rotation du pivot afin d'obtenir encore plus de poussière. Puis on la récupère sur la pointe du couteau et on la dépose au cœur de la boule d'étoupe maintenue entre les mains placées en coupelle.

Il ne reste plus qu'à souffler doucement sur l'ensemble. Dès qu'un point rougeoyant apparaît, il conviendra de faire exécuter, bras tendus devant soi, une rapide « danse d'abeille en huit » à l'étoupe afin d'apporter le maximum de comburant (Dioxygène) au point d'incandescence.

Dès que l'on sent la chaleur augmenter au niveau des mains, on dépose rapidement et sans se blesser, le nid d'étoupe sous un tas de brindilles bien aérée et on souffle doucement dessus.

A ce stade, l'ensemble devrait s'enflammer sans difficulté.

Une fois le feu de brindilles ayant bien pris, on y ajoute le petit bois progressivement. Les flammes ayant pris de la hauteur et de la puissance, il ne reste plus qu'à entretenir le feu avec le gros bois.

Vous voilà prêt à affronter l'obscurité d'un bivouac d'urgence en pleine nature grâce à la lumière et à la chaleur réconfortante d'un foyer improvisé. Retenez que savoir faire du feu peut vous sauver la vie.

Sources :

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