Un mélange "déverglaçant" sucré-salé pour des routes plus vertes

Une nouvelle solution de déneigement plus économique et écologique grâce à l'adjonction d'un additif sucré au sel de déneigement
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L'idée peut faire sourire au premier abord et même susciter quelques inquiétudes. Mais une réalité est aujourd'hui reconnue par les pouvoirs publics : les sels de déneigement utilisés tout au long de l'hiver notamment en zone de montagne afin de rendre nos routes plus sûres engendrent de plus en plus de dégâts sur l'environnement et le domaine routier pour une efficacité somme toute limitée dès lors que les températures descendent en dessous de - 5 °C et inefficace à - 10 °C.

Ogamalp , une entreprise française implantée en Haute-Savoie, semble avoir trouvé une alternative en venant de racheter pour notre pays les droits de commercialisation d'un procédé américain original déjà testé et approuvé par de nombreux pays (Etats-Unis, Canada, Norvège, Suisse...).

Principes et procédé

Il s'agit en fait d'un produit directement issu du raffinage du sucre alimentaire. Cette sorte de « mélasse » brune et très liquide se trouve ainsi être en théorie 100 % comestible.

On mélange ce liquide avec du sel de déneigement ordinaire dans des proportions bien spécifiques afin de rendre l'ensemble plus résistant au gel. Par exemple, si l'on ajoute seulement 10 % de cet additif au sel on obtient une résistance jusqu'à - 27 °C. Dans un mélange moitié sel et moitié additif ce résultat peut descendre à - 40 °C. Enfin l'additif seul ne commence à geler qu'à - 72,5 °C. Par conséquent, au regard de ces chiffres on en déduit qu'une concentration à 5 % suffit amplement à traiter les routes par des températures ponctuellement relevables en France lors des hivers les plus froids (- 10 °C à - 15 °C). Selon l'entreprise, on pourrait ainsi diminuer l'utilisation des sels de déneigement et des chlorures liquides de 20 à 35 %.

Les avantages

Dès lors, on comprend aisément que ce produit 100 % biodégradable puisse par son utilisation engendrer des retombées positives pour l'environnement en préservant la faune et la flore des résidus chlorés et les équipements publics ou privés de la corrosion des sels avec une réduction de 82 % de ses effets. A noter également que le mélange sucré-salé réduit les dégâts du gel-dégel occasionnés sur le revêtement des chaussées (écaillage des bétons et fissures sur enrobés).

On obtiendrait même à terme une diminution de l'utilisation des sels dans une proportion allant de 30 à 50 %. Les économies réalisées seraient ainsi non négligeables (quantités utilisées, moindre entretien et remplacement des engins de salage...).

Attendons-nous donc à bientôt retrouver nos routes légèrement teintées d'une douce couleur rousse. Mais soyez rassurés, les sols ne s'en retrouveront pas pour autant gluants sous nos semelles et nos pneumatiques...

Sources :

- Le Dauphiné Libéré Entreprises n°20913, 7 février 2012, p.7

- http://www.ogamalp.com , viabilité hivernale, sucré-salé, 2012

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