Louer sa voiture personnelle à un service d'autopartage

L'automobile en libre-service revisite le concept et tente de répondre à la demande des petits marchés où les parcs de voitures sont moins rentables.

L’autopartage ou car-sharing , popularisé avec ses parcs de véhicules aux États-Unis et en Europe dans la foulée du mouvement environnementaliste et du développement durable, fait maintenant partie des habitudes citadines. Plus simple, rapide et flexible que la location classique, ce service répond adéquatement aux besoins des résidents des grandes villes. Cependant, les habitants des banlieues et des régions à plus faible densité y trouvent moins bien leur compte. L’initiative toute québécoise du Prêt Entre Personnes (PEP) de Communauto , vise à combler ce manque.

Assurer l'offre sans les installations

Cette entreprise, qui propose l'automobile en libre-service depuis déjà une quinzaine d'années, essaie maintenant de charmer les propriétaires d'autos afin de rendre le service disponible de gré à gré. Selon l’idée, une personne intéressée à rentabiliser son véhicule personnel inscrit en ligne les plages horaires où celui-ci est libre. Lorsqu’un abonné cotisant à l’autopartage manifeste le désir de louer la voiture, l’échange des clés et la prise du véhicule se font alors directement en main propre, chez le propriétaire.

Le service de partage d'autos facture ensuite le membre pour l’utilisation, incluant kilométrage, entretien et assurances, comme il le fait avec les voitures de son parc. Il paie le propriétaire en retour, et celui-ci reçoit, en plus d’un montant de base de 20 dollars (environ 15 euros), une compensation pour chaque kilomètre parcouru.

Comme les autos utilisées par les membres proviennent de particuliers, le service d’autopartage sert uniquement d’intermédiaire en se chargeant de la logistique. Ainsi, l’irritant majeur que constitue pour l’entreprise l’investissement dans l’achat de nombreux véhicules disparaît, allégeant beaucoup la gestion.

Simplifiée au maximum pour propriétaires et emprunteurs, la procédure s’appuie d’abord sur le contact humain. En effet, des projets ayant plutôt mis l’emphase sur la technologie visant à rendre le transfert automatique grâce aux clés électroniques des ordinateurs de bord ont déjà échoué.

Calmer les craintes des propriétaires

Communauto fait aussi l’impossible pour rassurer les propriétaires inquiets des accidents et potentiels bris à leur véhicule pouvant ternir leur dossier personnel d’assurance, et ainsi les inciter à participer. Le service prend en charge l’assurance auto durant toute la période de location, et garantit une couverture complète. En effet, une compagnie d’assurance s’est adaptée au phénomène et a décidé de suivre le mouvement. Elle ne considère plus le PEP comme un usage commercial camouflé et ne pénalise pas les propriétaires.

Le concept semble particulièrement applicable aux couples ou familles possédant deux voitures dont ils ont besoin en semaine mais qui peuvent rendre disponible un véhicule contre rétribution les week-ends, lors des congés ou des vacances.

Une voiture est utilisée en moyenne 5% du temps, selon les statistiques, soit à peine une heure par jour. D’ailleurs, le fait de rouler peu risque de l’endommager davantage qu’un emploi régulier et plus fréquent. Pourquoi alors ne pas la faire rapporter, et par la même occasion poser un geste utile pour ses concitoyens et bénéfique pour l’environnement, pendant les 95% du temps où elle est garée?

Une initiative dans l'optique du développement durable

Tentative pour diminuer les émissions de gaz carbonique en épargnant l'achat d'une voiture à autrui, baisser le nombre de véhicules sur les routes ou encore faciliter le remboursement de mensualités, le PEP en zone semi-urbaine est un autre pas vers une utilisation plus intelligente de la voiture. Son application à grande échelle nécessite cependant beaucoup d’ouverture et un profond changement de mentalité afin d'arriver à séduire les automobilistes souvent très attachés à leur précieux bien.

Deux projets-pilotes dans des quartiers périphériques de Québec et de Montréal serviront à déterminer la faisabilité du système et permettront de vérifier que les avantages dépassent les inconvénients pour ceux qui proposent leur auto. Durant ces tests, seuls les propriétaires de véhicules assurés par La Capitale Assurances, partenaire de Communauto, pourront participer. Les voitures seront disponibles par tranches de 12 heures.

Pour en savoir plus: Cyberpresse

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