Comment observer les oiseaux sauvages et les rapaces ?

Que l'on soit ornithologue passionné ou simple amateur de la faune sauvage, le printemps est la saison idéale pour tenter d'approcher les oiseaux.
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Les oiseaux sont des animaux qui, dans la nature et à de rares exceptions près, restent sauvages. Et c'est le cas, notamment pour les rapaces , même lorsqu'ils sont affaités par des fauconniers. Souvent craintifs, ils ne se laissent pas facilement approcher, et c'est pourquoi celui qui veut les observer au plus près devra user de ruses pour en pas se faire remarquer, ou du moins, ne pas se faire passer pour un intrus malveillant sur le territoire de l'oiseau. Faute de quoi ce dernier s'envolera aussitôt et, si c'est un rapace, il pourra même aller jusqu'à attaquer celui qu'il considère comme étant entré sur son territoire.

Se fondre dans le paysage

Pour en pas effrayer les oiseaux que l'on veut observer, les spécialistes en ornithologie recommandent en premier lieu de se fondre le plus possible dans le paysage pour ne pas attirer l'attention des oiseaux plus que par la simple présence humaine. Des vêtements criards, des chaussures inadaptées au milieu et des objets encombrants sont donc à proscrire. Mieux vaudra s'habiller dans des couleurs « nature » (éviter aussi le noir qui n'est discret que dans une foule humaine...), se munir de chaussures de marche (à condition qu'elles ne soient pas rouge vif ou jaune fluo!) en emportant avec soi le minimum d'affaires : un petit sac à dos discret suffira amplement à transporter l'« outil » de base pour l'observation.

Respecter le milieu

Un seul mot d'ordre : rester discret ! Pour cela, pas de cris, pas de course effrénée et pas de grands gestes. Bien au contraire, une marche tranquille et régulière vous fera passer plus inaperçu, sans que l'oiseau vous considère comme une menace. Si vous êtes en groupe, le silence sera votre allié dans cette quête de l'oiseau sauvage.

Enfin, le mieux sera encore, une fois que vous avez trouvé le « spot » idéal, de vous poser dans l'herbe et de ne plus bouger. Cela durera le temps qu'il faudra, mais au bout d'un moment, les volatiles qui rôdent dans les parages auront presque oublié votre présence et c'est à ce moment qu'ils sortiront de leur cachette pour se laisser admirer.

Le matériel d'observation

Plutôt qu'un sac de graines qui vous servirait à appâter des oiseaux qui seront pour certains carnivores, préférez une bonne paire de jumelles, notamment pour les rapaces qui peuvent voler très haut dans le ciel avant de partir en piqué lorsqu'ils ont repéré une proie. Le choix des jumelles appartient à chacun (compactes ou standard), l'essentiel est qu'elles aient un grossissement minimum de x10 pour être efficaces. Certains observateurs vont jusqu'à se munir d'une longue-vue, afin de repérer les oiseaux dans le ciel plus facilement.

Quant aux appeaux, oubliez-les, à moins que vous ne vouliez chasser, rien que par respect pour les oiseaux : imaginez qu'on imite la voix de votre bien-aimé(e) et que lorsque vous arrivez sur place, vous ne trouviez pas la personne attendue ! Vous trouverez l'oiseau quand il aura envie de se laisser voir et l'inverse ôterait tout son charme au but de votre balade dans la nature.

Les férus d'ornithologie emporteront également dans leur sac une planche à oiseaux pour les reconnaître au premier coup d'œil, ainsi qu'un bloc-note et un crayon pour les dessiner ou noter leurs observations.

Choisir le meilleur moment

Comme le dit l'adage : la journée appartient à ceux qui se lèvent tôt. Le coq en est la preuve ! Le meilleur moment sera du lever du soleil jusque vers 11 heures du matin. En effet, les bruits urbains et agricoles de la veille ont été « oubliés » par les oiseaux et n'ont pas encore tous encombré le paysage sonore. De plus, les oiseaux partent plus souvent le matin tôt en quête de nourriture et c'est à ce moment-là que vous aurez le plus de chance de les entendre chanter (au printemps, on assiste parfois à un vrai concert) et de les voir s'envoler ou se poser au nid. Quant à la saison idéale, c'est bien entendu le printemps où l'on assiste au ballet des retours de migrations .

Chercher l'endroit idéal

Rien n'empêche de partir en repérage quelques jours avant. Voyez au-dessus de quel secteur les oiseaux volent dans le ciel, cherchez les nids - sans les approcher de trop près, car la mère, sentant le danger, pourrait tout à fait abandonner ses petits – et cherchez ce qui sera le jour J votre poste d'observation. Un endroit un peu abrité pour contribuer à vous fondre dans le paysage, où le sol n'est pas encombré de branches qui trahiront votre présence dès que vous marcherez et où vous aurez une vue panoramique pour suivre leur vol le plus longtemps possible.

Si vous ne vous sentez pas suffisamment aguerri pour aller à la découverte les oiseaux tout seul, rien ne vous empêche de vous rapprocher de la LPO de votre région. En effet, l'association propose souvent des balades d'observation en groupe avec des ornithologues qui sauront vous guider. Enfin, pour observer spécifiquement les rapaces, le parc naturel des monts d'Ardèche propose aussi des sorties-découvertes accompagnées.

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