En 2011, le Smic passe à 9 euros bruts

Le gouvernement a tranché: le salaire minimum augmentera de 1,6%. Les fiches de paie afficheront donc un montant de 1365 euros bruts (1072 euros nets).
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Le Salaire minimum interprofessionnel de croissance est le salaire horaire minimum au dessous duquel un salarié ne peut être payé. En 2008, la France comptait plus de 3,3 millions de "smicards", soit un peu plus de 14% des salariés du pays, un pourcentage encore majoritaire par rapport aux autres pays de l'Union européenne.

Quand le Smig devient Smic

C'est en 1950, sous la IVe République, que le gouvernement décide la mise en place d'un salaire minimum interprofessionnel garanti indexé sur les prix. À cette époque, la France est en période de reconstruction après la guerre et le travail ne manque pas dans le bâtiment. Le Smig est donc calculé par rapport au salaire horaire de l'ouvrier de base ( SHOB ), ce qui est encore le cas aujourd'hui. Vingt ans plus tard, constatant que les salaires ne suivent plus la croissance du pays, Jacques Chaban-Delmas, alors chef du gouvernement, change le Smig en Smic. Ce sont alors 10% des Français actifs qui sont payés au Smic, contre 16% plus de trente ans après, alors même que le chômage croissant a laissé derrière lui les Trente Glorieuses.

À la fin du XXe siècle, avec le passage progressif de 39 à 35 heures de travail hebdomadaires, le gouvernement Raffarin décide de scinder le Smic en cinq, chacun attribué à des secteurs d'activité différents. Un Smic qui sera réunifié en 2005.

Le calcul du Smic

Basé sur l'évolution des prix à la consommation (hors tabac) des ménages urbains, il est régi par les règles du Code du Travail, assorti ou non d'un geste du gouvernement. Autrefois ré-évalué en juillet, il l'est maintenant tous les ans au 1er janvier. Son augmentation doit être au minimum de 50% de celle du pouvoir d'achat. Et dans le cas où l'inflation constatée entre le dernier mois connu et le premier mois de l'augmentation dépasse 2%, il est ré-évalué à la hausse.

Pas le même Smic pour tous

Payer ses salariés de base au Smic est une obligation pour l'employeur, mais il existe des exceptions à la règle. En effet, ne sont pas concernés par ce minimum garanti :

  • les mineurs ayant moins de six mois d'expérience (payés 10 ou 20% de moins que le Smic selon leur âge),
  • les jeunes salariés en contrat d'apprentissage ou de professionnalisation (payés entre 25 et 80% du Smic),
  • les stagiaires,
  • les assistantes maternelles (exception prévue par les conventions collectives)
  • et les travailleurs handicapés.

Les chiffres pour la nouvelle année

En 2010, le Smic s'élevait à 8,86 euros bruts (6,96 euros nets). Il augmentera encore cette année, mais Xavier Bertrand l'a annoncé, le salaire minimum ne bénéficiera d'aucune aide supplémentaire de l'État en 2011. Les salariés travaillant à temps plein (sur une semaine de 35 heures, soit 151,67 heures de travail par mois) et payés au Smic verront donc leur salaire mensuel passer de 1343,80 euros à 1365 euros bruts. Soit une hausse d'environ 21 euros bruts qui est supposée aider ceux qui sont concernés à conserver en 2011 le même niveau de vie et le même pouvoir d'achat qu'en 2010, l'inflation ayant été - officiellement - de 1,7% cette année. Mais c'est sans compter la hausse annoncée de l'immobilier en zone urbaine, et particulièrement dans la capitale.

Les salaires des patrons subiront quant à eux une baisse d'environ 20%, limités en moyenne à 170 fois le Smic.

Le non-respect du Code du Travail

Qu'on se rassure, un employeur qui ne paierait pas ses salariés concernés au tarif convenu par l'État et le Code du Travail s'exposerait à une amende de 1 500 euros par salarié, amende revue elle aussi à la hausse en cas de récidive.

Lire aussi :

Les seuils de pauvreté en France , article paru le 28 septembre 2010 dans l'Observatoire des inégalités.

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