La biodiversité en danger au royaume des Incas

Au Pérou, chaque nouvelle espèce animale découverte est aussitôt menacée d'extinction : un paradoxe pour les défenseurs de la faune sauvage.

Le Pérou est en train de vivre un incroyable paradoxe qui pourrait bien bouleverser l'équilibre fragile de la biodiversité. En effet, ce pays de près de 1,3 million de km2 compte environ 700 000 km2, soit 60% de sa surface de forêt amazonienne. Et depuis toujours, ce milieu naturel riche est un paradis pour la flore et la faune sauvage. Mais ce paradis-là pourrait bien devenir un enfer si rien n'est fait pour endiguer la découverte et la mort annoncée de milliers d'espèces jusque là inconnues.

Des explorateurs en cravate

Au Pérou, un nouvel oiseau est découvert tous les ans et un nouveau mammifère tous les 4 ans. Mais ce qui est pour le moins atypique est que la majorité des espèces animales qui sont découvertes le sont non pas par des explorateurs soucieux de protéger l'environnement en respectant les équilibres naturels, mais par des industriels en quête de gains toujours plus importants et peu enclins à protéger l'exceptionnelle biodiversité que le pays abrite. Qu'il s'agisse d'aménager de nouvelles usines, de rentabiliser au maximum l'exploitation du bois ou d'exploiter de nouveaux terrains miniers ou pétroliers, le résultat est le même : la forêt amazonienne est rasée, révélant l'existence d'espèces animales encore non répertoriées par les naturalistes.

Le danger de ces découvertes

Malheureusement, dès lors qu'elles sont découvertes et répertoriées, ces espèces sont en danger d'extinction, car on peut supposer que si elles vivaient "cachées" jusqu'à présent, c'est parce que la densité de cette forêt les préservaient de la menace humaine. La déforestation massive aura sans doute permis une grande avancée dans le domaine des sciences naturelles (faune et flore), mais elle aura surtout détruit l'habitat naturel et la pyramide de la biodiversité pour ces espèces qui deviennent exposées à une mort certaine si rien n'est fait rapidement.

Les politiciens tentent de rassurer

Antonio Brack-Egg, en charge du récent ministère de l'Environnement (créé au Pérou en 2008 seulement) a tenté de rassurer les associations de défense des animaux lors de la Convention sur la diversité biologique (CBD) à Nagoya, en octobre 2010 : 15% du territoire péruvien est classé en zone protégée et le gouvernement prévoit d'augmenter cette surface à 30% dans un avenir proche. Mais les amis des bêtes restent inquiets quant à la survie des espèces inconnues ou tout juste découvertes.

Au Pérou, en 2010, 21 espèces animales étaient déjà en danger critique d'extinction, et c'est sans compter les espèces déjà éteintes ou en voie d'extinction alors qu'elles n'ont même pas encore été classées par les naturalistes. À l'instar du dodo de l'île Maurice , du tuit-tuit de la Réunion ou du chinchilla à queue rousse d'Amérique du Sud, combien d'espèces encore vont-elles disparaître de la surface du globe par la faute de l'homme ?

Le Pérou, une arche de Noé en plein naufrage ?

À l'heure actuelle, le Pérou compte une diversité d'espèces animales extraordinaire : plus de 1800 espèces d'oiseaux connus - dont 1200 découvertes ces dix dernières années -, plus de 500 espèces de mammifères et plus de 400 reptiles. Côté flore, le pays est tout aussi riche, car il représente tout simplement 10% de la surface de l'herbier mondial. On comprend donc que les organisations de protection de la nature s'inquiètent de ce phénomène de disparition des espèces qui s'est accentué ces dernières années avec la course à l'industrie.

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