Le cagou, l'oiseau emblème de la Nouvelle-Calédonie

L'espèce, menacée d'extinction, est protégée depuis 1977. Il bénéficie maintenant de toutes les attentions, jusqu'à avoir son effigie sur les timbres-poste!
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Également nommé kagou huppé, cet oiseau endémique peut à peine voler, et c'est bien la cause principale de la fragilité de l'espèce. En effet, il est une proie facile pour ses prédateurs qui, comme sur beaucoup d'îles, ont été introduits par l'homme (rats, chats, chiens, cochons). Sans compter l'homme lui-même, qui n'a pas hésité à le chasser en abondance en faisant fi des périodes de reproduction où l'oiseau est encore plus vulnérable (soit que les oisillons ne courent pas assez vite, soit que les adultes reviennent souvent au nid pour nourrir leurs petits).

Rhynochetos jubatus

Son plumage, qui va du gris-bleu au blanchâtre, le fait se fondre dans la nature qui l'entoure. Mais pour peu qu'on l'attaque ou qu'on le surprenne, il déploie ses ailes rayées et dresse sur sa tête une huppe impressionnante qui effraye ses adversaires, avant de courir très vite se cacher, du haut de ses soixante centimètres. S'il ne vole pas, c'est tout simplement parce qu'avant l'arrivée de l'homme sur ses terres, il n'avait aucun prédateur naturel et trouvait de quoi se nourrir à même le sol (vers de terre, insectes divers, larves et escargots). Alors pourquoi voler quand on a tout à portée de main ? Du coup, les ailes se sont atrophiées, le condamnant au fil des siècles à une marche forcée.

Un amateur de grands espaces

Le mâle et la femelle sont très liés et les couples se forment généralement pour la vie. Mais pas question de se restreindre à un petit lopin de terre : le cagou prend ses aises sur un territoire pouvant aller de 5 à 30 hectares, de préférence en altitude (entre 100 et 1 400 mètres), dans les forêts humides ou les zones broussailleuses. C'est pourquoi on le trouve principalement au sud de l'île de Grande Terre et sur l'île des Pins.

"Kagu, kagu"

En Nouvelle-Calédonie, on dit que son chant est si puissant qu'il fait se lever le soleil. Et étant donné qu'il n'y a aucun dismorphisme entre le mâle et la femelle, à moins de faire une analyse ADN, seul le chant peut les différencier : le mâle, en bon poète, s'exprime par un cri de 12 syllabes, alors que la femelle ne fait des phrases que de 7 syllabes. Et c'est ce cri caractéristique, proche de l'aboiement du chien, qui a donné son nom commun à l'oiseau.

Ce qui est rare est cher

Les Calédoniens, sensibilisés au danger que court cette espèce, se sont pris d'affection pour le kagou huppé. Aussi, c'est par arrêté préfectoral qu'il a d'abord été inscrit comme espèce menacée d'extinction avant de rejoindre la longue liste des espèces protégées dans l'annexe I de la Convention de Washington sur le commerce des espèces menacées, le CITES . Depuis, il fait l'objet de toutes les attentions : mise en réserve protégée, campagnes d'éliminations des prédateurs (principalement les chiens sauvages) ou reproduction en captivité avant de les remettre en liberté. Il est même devenu au fil du temps l'emblème de la Nouvelle-Calédonie, jusqu'à figuer sur les timbres-poste.

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