Le syndrome chinois dans les centrales au Japon après le séisme ?

25 ans après Tchernobyl, une nouvelle catastrophe nucléaire d'ampleur encore inconnue se prépare. Certaines centrales japonaises sont en feu. Consignes.
14

Le Japon compte actuellement 55 réacteurs nucléaires contenus dans 18 centrales, pour la plupart réparties sur les côtes de l'île Honshu, la principale touchée par le séisme et le tsunami. Sur ces 18 centrales nucléaires, 4 sont situées au nord-est de l'île, autour des villes de Sendai et Tokyo, autrement dit là où la terre (avec un séisme de magnitude 8,9) et la vague (de 10 mètres de haut et se déplaçant à plus de 800 km/h en mer et jusqu'à 500 km/h sur la terre) ont fait le plus de dégâts. Enfin, on apprenait dès hier soir que si ces 4 centrales (Tokai, Fukushima-Daini, Fukushima-Daichi et Onagawa) ont été fermées et leur activité stoppée dès les débuts du séisme, au moins deux - Onagawa et Fukushima-Daichi - ont été fortement endommagées.

Vers un nouveau Tchernobyl ?

L'ampleur de la catastrophe au Japon semble d'ores et déjà inquiétante et pourrait bien dépasser celle survenue à Tchernobyl il y a 25 ans et considérée jusqu'à hier comme la plus grosse catastrophe nucléaire de tous les temps. Si tel était le cas, ce n'est pas seulement la côte est du Japon qui aurait lieu de s'inquiéter, mais bien le Japon tout entier, Hawaï, la côte ouest de l'Amérique du sud et du nord, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie, l'île de Pâques, les îles Marianne... Et la planète entière, car on a appris depuis Tchernobyl qu'un nuage radioactif n'arrête pas sa course aux frontières des États et qu'il peut parcourir des centaines de milliers de kilomètres en disséminant partout ses particules nocives : le césium 135, dont la durée de vie est de 2,5 millions d'années, le césium 137 (30 ans) et l'iode 131 (8 jours).

Moins on en sait, plus ça en dit long sur l'ampleur des dégâts

Au risque de paraître pessimiste, il est important de rappeler que bien souvent, plus la catastrophe est grave, plus les informations divulguées sont floues. Cela avait déjà été le cas pour Tchernobyl et à nouveau, au lendemain des explosions survenues dans les centrales au Japon, le monde a du mal à savoir ce qu'il en est exactement. Pourtant, on imagine bien que des centaines, voire des milliers de personnes travaillent sur place et contrôlent 24 heures sur 24 l'état de la fusion de l'uranium sur des moniteurs high-tech.

Des signes qui ne trompent pas

On pourrait redouter le pire, car si les autorités ont parfois du mal à dire la vérité, des signes ne trompent pas quant à la gravité de la situation. Aujourd'hui, les radios annoncent que :

  • les habitants à 3 km à la ronde sont évacués le jour même (deux jours après seulement à Tchernobyl) et ceux qui se trouvent dans un rayon de 20 km le sont aussi depuis ce matin (heure française) ;
  • les autorités du pays ont annoncé dès ce matin qu'il y avait bien eu des fuites radioactives lors des explosions entendues, et que même, de la radioactivité avait due être lâchée dans l'air par le personnel des centrales afin d'augmenter le confinement du réacteur.

  • Sur les 14 réacteurs concernés, plusieurs d'entre eux ont plus de 40 ans (lire l'article de Jan Van der Lee, directeur du MAI dans le journal La Croix daté du 2 novembre 2009) et on se souvient qu'il y a 6 ou 7 ans, l'agence chargée de son entretien défrayait la chronique en réduisant les coûts d'entretien au maximum jusqu'à passer en-deçà des limites de sécurité ;
  • la plupart des explosions entendues sur les centrales ne proviennent pas des réacteurs, mais des structures ou des couvercles des structures elles-mêmes contenant les zones de confinement ce qui pourrait bien entrainer la fusion des réacteurs, leur refroidissement est rendu impossible (Lire la dépêche AFP disponible sur le site de 2424 actu );
  • l'état d'alerte nucléaire a été signalé immédiatement après le séisme, rapporte l'agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
  • Selon l'agence presse NHK-World, "Tepco précise que la défaillance d'un matériel a rendu impossible le refroidissement de deux réacteurs de la centrale numéro un de Fukushima. L'entreprise précise qu'elle n'a pas assez de courant pour refroidir les réacteurs, qui se sont arrêtés automatiquement au moment du séisme."
  • Il semble, toujours selon NHK-World, qu'un mur extérieur de la centrale se soit effondré dans l'explosion survenue à Fukushima, mais aucune image qui pourrait avérer ces dires n'est encore disponible, alors qu'on sait parfaitement que des centaines de caméras filment jour et nuit les abords et l'intérieur de tout site nucléaire.

Les consignes en cas d'accident nucléaire

  • Rester enfermé entre des murs le plus possible pendant 8 jours au moins (le temps de dissipation de l'iode 131) ;
  • ne plus consommer de produits frais (poissons, viandes, produits laitiers, légumes et fruits) et ne pas boire l'eau du robinet pendant un mois ;
  • se protéger en cas d'intempéries si l'on doit absolument sortir.

Lire aussi : Après l'accident au Japon : pour ou contre le nucléaire en France ?

Sur le même sujet