Les 5 sens chez les oiseaux de proie

Vue, ouïe, odorat, goût et toucher sont autant de sens développés par l'espèce animale, mais à des degrés très divers. Qu'en est-il pour les rapaces?
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Si les oiseaux de proie sont d'excellents chasseurs, c'est en partie dû au fait de leur extraordinaire adaptation au milieu naturel à travers les siècles, de leur vol caractéristique en plané et en piqué si différent des autres oiseaux et de leur capacité à saisir et tuer instantanément leurs proies. Mais certains de leurs sens, curieusement sur-développés par rapport aux autres espèces, confèrent à leur statut de « super-prédateurs », placés au sommet de la pyramide de la biodiversité. Leurs sens sont donc légèrement différents de tous les autres oiseaux .

La vue

Les yeux du rapaces, placés sur le devant de sa tête, sont ronds, souvent gros - le globe oculaire de l'aigle royal est plus grand que celui de l'homme – et immobiles, ce qui nous donne cette impression d'être dévisagés lorsqu'ils nous regardent. Possédant une vision monoculaire indépendante et binoculaire combinée, son acuité visuelle dépasse de loin celle de tous les animaux vertébrés ! Il voit plus gros, plus net et sur une plus grande surface. Cependant, si sa vision de loin est excellente (il peut voir jusqu'à 1 kilomètre alentour suivant les espèces), sa vision de près est souvent déficiente, mais compensée par des vibrisses (des petites plumes) situées au niveau du bec qui l'aident, au toucher, à repérer sa proie lorsqu'il est dessus. Si le champ de vision est mince - entre 110 et 250 ° tout de même! - la capacité de tourner sa tête aux 3/4 agrandit encore son champ de vision. Le rapace nocturne ou diurne a donc, comme qui dirait, « des yeux dans le dos » ! Le rapace diurne, de plus, possède une troisième paupière transparente appelée nictitante qui lui permet, lorsqu'il part en piqué, d'humidifier son œil et de le protéger des frottements de l'air à pleine vitesse. Qui protège sa vue sait donc instinctivement que c'est un de ses sens les plus importants...

Quant aux couleurs, il semble les percevoir de façon à peu près identique à l'homme (Lire Les rapaces d'Europe , de Paul Géroudet, éditions Delachaux et Niestlé, 2008).

L'ouïe

Hormis chez les vautours où elle est découverte, les oreilles sont recouvertes de plumes chez les rapaces, ce qui est déjà un indice pour penser que l'ouïe n'est pas leur sens le plus développé ! Sans doute un peu comparable à celle de l'être humain, pour la plupart d'entre eux, elle est cependant exceptionnellement bonne pour les rapaces nocturnes (qui, contrairement aux idées reçues, y voient très bien la nuit, mais pas dans l'obscurité totale). Chouettes et hiboux ont leur orifices auriculaires cachés derrière le disque facial, presque à hauteur des yeux, mais de façon asymétrique, ce qui élargit encore leur champ auditif et leur permet de repérer l'origine de leur proie. L'audition de ces rapaces nocturne est telle qu'ils sont capables de chasser sans se servir de leur vue.

L'odorat

Là encore, les rapaces, et notamment les vautours, se distinguent des autres oiseaux, qui n'ont généralement pas ou peu d'odorat. Non que ce sens soit très développé, il n'est cependant pas négligeable pour les charognards qui sont capables de sentir un cadavre d'animal enfoui sous des feuilles.

Le goût

Bien que difficile à estimer, ce sens ne fait pas du rapace un fin gourmet ! On le suppose donc peu développé et si chaque rapace a sa proie de prédilection, c'est sans doute plus pour sa faciliter à se la procurer qu'au goût réel qu'elle a une fois dans son estomac, car la majorité des oiseaux de proie avalent directement leur proie, régurgitant ensuite une pelote constituée des déchets non digérables (bec, plumes, petits os, etc.).

Le toucher

Toujours aussi difficile à jauger pour quelqu'un d'autre que soi-même, ce sens ne paraît pas capital pour la survie du rapace. Hormis via ses serres et son bec, le rapace a peu de contact physique avec les choses qui l'entourent. Ses vibrisses près du bec contribuent cependant à augmenter ce sens lorsqu'il est au contact d'une proie. Il possède, certes, des terminaisons nerveuses somato-sensitive sur toute la peau, mais cette dernière est recouverte presque entièrement de plumes qui, en plus de le faire voler, le protègent des agressions extérieures et le rendent donc moins perméable au toucher sensitif.

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