Les oiseaux au service des études sur le réchauffement climatique

Depuis peu, les oiseaux communs d'Europe servent de bio-indicateurs à l'échelle mondiale : ils mesurent l'impact de l'homme sur la pollution.

Pour mesurer la présence et l'impact de la pollution de l'environnement (eau, terre et air) de la planète, les chercheurs disposent d'organismes végétaux et animaux "témoins" et référents qu'ils étudient, afin de cibler les causes dans le temps et dans l'espace de la détérioration de la biodiversité, élément capital en matière d'équilibre écologique.

Le cas des oiseaux

Les climatologues utilisent depuis longtemps les oiseaux comme bio-indicateurs dans le cadre de leurs recherches sur les bouleversements climatiques engendrés par la sur-consommation d'énergie. Mais l'étude ne dépassait pas jusqu'alors les frontières européennes.

Depuis le printemps 2010, ces bio-indicateurs ont été étendus à l'échelle mondiale. Dorénavant, 122 espèces d'oiseaux communs européens et 2 espèces de rapaces répartis sur 20 pays viennent renforcer l'étude des changements de climats sur l'ensemble de la planète. Cet élargissement des critères, qui vient en complément d'autres bio-indicateurs comme le lichen, l'oseille, la fleur de pétunia, le trèfle, le tabac ou encore certains invertébrés, contribue donc à déterminer avec encore plus de précisions les orientations environnementales à suivre.

En quoi les oiseaux aident les chercheurs ?

Pour que des bio-indicateurs puissent donner des mesures fiables et utilisables par les chercheurs, il convient de les étudier sur une période suffisamment longue pour éviter des erreurs qui seraient dues aux changements de comportements événementiels et non durables des organismes. Par exemple, une espèce d'oiseau, pour une raison inconnue, peut très bien décider d'aller migrer une ou deux années de suite à un autre endroit que d'habitude. Mais rien ne dit, en si peu de temps, que l'espèce entière a changé définitivement sa destination ou son trajet de migration.

Aussi, le Climat impact indicator ( CII ) a basé ses analyses sur des résultats donnés par une étude de 1980 à 2005 qui a porté principalement sur:

  • l'évolution de ces populations d'oiseaux,
  • leur répartition dans l'espace,
  • les variations dans leur dates et leur lieu de reproduction,
  • les changements dans leur migrations : lieu et trajet.

Les oiseaux-chercheurs

Parmi les 124 espèces étudiées par le Suivi temporel des oiseaux communs (le STOC ) en France, on compte :

  • ceux dont la situation actuelle inquiète : en 2010, ils étaient plus de 90, dont la bécassine des marais, la mésange boréale, le vanneau huppé, le rossignol progné, le pinson du nord, le pipit farlouse ou encore le pic épeichette.
  • ceux dont les populations augmentent globalement : environ une trentaine seulement, dont la fauvette mélanocéphale, le bruant zizi, le loriot, le chardonneret et la tourterelle turque.

Le bilan provisoire de ces études

Selon Frédéric Jiquet, chercheur au Museum national d'histoire naturelle (au Jardin des Plantes de Paris), le constat est d'ores et déjà alarmant. En effet, "les résultats montrent que le nombre d'espèces qui sont touchées de manière négative est presque trois fois plus grand que le nombre d'espèces qui bénéficient des changements du climat. Bien que les températures aient peu augmenté récemment, il est surprenant de réaliser à quel point l'impact est déjà visible sur les populations nicheuses d'oiseaux, et ce, à travers toute l'Europe." Reste maintenant à savoir de quelle façon les politiciens de tous pays prendront en compte ces mesures pour tenter de renverser une tendance destructrice de notre environnement.

Prolonger la lecture:

Sur le même sujet