Une table ronde pour "écouter" tomber la neige au ministère

L'épisode neigeux de début décembre examiné à la loupe par une commission pour que cela ne se reproduise pas. Dix propositions pour mieux gérer la pagaille.

La colère des utilisateurs avait été grande lors du dernier épisode neigeux ayant touché la France. Routes bloquées, chasse-neige et véhicules de salage parfois inefficaces... Les transporteurs routiers en avaient subi les conséquences et avec eux, un partie de l'économie du pays avait été ralentie. De même, dans les airs et sur les rails, la crise neigeuse n'avait pas pu être gérée à temps pour éviter les difficultés et les déconvenues des voyageurs. Aussi, la ministre de l'Ecologie, Nathalie Kociusko-Morizet, le secrétaire d'État chargé des transports, Thierry Mariani, ainsi que le secrétaire d'État chargé du commerce, Frédéric Lefebvre, ont réuni hier après-midi une table ronde pour discuter des mesures à prendre pour éviter une nouvelle désorganisation des transports lors des prochains épisodes neigeux importants touchant le pays. Ils avaient invité à leur table des représentants des usagers des transports, des routiers, de Météo France, de la SCNF et de la RATP.

La France : un pays où il neige

Certains l'avaient sans doute oublié, mais la France bénéficie de trois climats principaux : océanique, continental tempéré et méditerranéen. De plus, la présence de montagnes vient renforcer la possibilité d'un manteau neigeux susceptible de couvrir régulièrement, en hiver, au moins les plaines de l'est, du nord et du sud-est, les régions en altitude et la zone continentale.

Météo France nous l'avait bien redit

Tout d'abord accusés à tort par l'un des membres du gouvernement, puis réhabilités avec excuses officielles en forme de mauvaise foi non dissimulée (prétextant que Météo France n'avait en revanche pas dit combien de centimètres de neige il tomberait), les membres de Météo France avaient bien anticipé la vague de grand froid: la neige allait tomber en grande quantité et sur tout le pays, un vent viking déferlant vers le territoire gaulois, ce qui venait inévitablement s'ajouter aux températures déjà proches du zéro.

La pagaille sur les routes

Tous les médias annonçaient un fort événement neigeux et conseillaient à tous ceux qui le pouvaient de reporter leur voyage en automobile. Pourtant, beaucoup de personnes se sont retrouvées bloquées sur les routes. Les camions, tenus par des délais stricts à l'approche de Noël, avaient pour la plupart pris la route. Mais tous furent stoppés aux entrée de Paris. Pas assez tôt, sans doute, le premier jour, mais le tir fut rectifié dès le lendemain : des files ininterrompues de camions garés le long de la barrière de sécurité centrale des autoroutes franciliennes, longues de plus de 7 km pour certaines, permettaient aux routiers professionnels de passer la nuit dans leur camion pour ne repartir que deux jours plus tard (lorsque la neige aurait gelé, probablement). Fort heureusement, les autorités avaient tout prévu : des vivres et des boissons chaudes pour tous ces naufragés de la route.

Pas mieux en l'air et sur les rails

Côté trafic aérien, ce fut un autre problème. Beaucoup de site aéroportuaires se sont retrouvés en rupture de stock de ce remède magique antigel pour les avions : le glycérol. L'aéroport de Bruxelles-Zaventem s'était lui aussi fait surprendre, une semaine auparavant, clouant ses avions au sol. Mais là où on croyait à une mauvaise blague belge, ce fut une pagaille que Brice Hortefeux ne ressentit pas, puisque la personne qui devait lui rendre visite au ministère n'avait mis "que dix minutes pour venir".

Enfin, pour les trains, le réseau lui-même étant enneigé, on comprendra aisément que le trafic ait pu être interrompu ou subir des retards. Le plus gros problème, en revanche, venait apparemment du manque d'information donnée aux voyageurs.

Les solutions anti-pagaille

Après que la commission ait assimilé le fait qu'en France, l'hiver peut être froid, sec, verglaçant, mais aussi neigeux, quelques propositions pour améliorer les conditions de trafic en cas d'intempéries blanches ont été faites. Elle seront applicables dès l'hiver prochain.

  • Les chasse-neige seront tous équipés de GPS et les agents de déneigement ou de salage pourront communiquer avec des smartphones ;
  • des itinéraires de déneigements seront décidés pour faciliter le réseau de transports en commun sur route ;
  • les aiguillages et les rails seront réchauffés et élagués (la commission affirme que des moyens seront mis en place et un budget débloqué) ;
  • la circulation des poids lourds sera interrompue avant que les routiers ne soient coincés par la neige et ne bloquent ainsi la circulation des véhicules plus légers ;
  • les naufragés de la route, du rail ou de l'air, seront mieux informés et pris en charge ;
  • les constructeurs doivent améliorer la résistance au froid des véhicules de transport ferroviaires ;
  • Pour mieux prévoir les difficultés, Météo France devra faire un effort en matière d'information. Pour cela, un agent de leur service sera présent dans tous les points de contrôle de circulation.

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