Chiara Luce Badano, 91.000 fans Facebook pour une vie spéciale

Qui est Chiara Luce Badano, une fille de 18 ans qui suscite l'enthousiasme de dizaines de milliers de jeunes et moins jeunes de toute la planète?
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Le 25 septembre 2010, une dizaine de milliers de jeunes de toute la planète participèrent à une grande fête à Rome. Ce fut la béatification de Chiara Luce, une fille décédée à 18 ans qui a vécu une vie tout à fait normale d'une manière tout à fait extraordinaire. Le fil rouge de son existence, qui passionne des milliers de personnes.

Chiara Luce Badano est née le 29 octobre 1971 à Sassello, un joli village de 1.800 habitants dans l'arrière pays de Vintimille, sur la côte qui est la prolongation italienne de la Côte d'Azur. Fille unique de Teresa et Ruggero, ouvrière et transporteur indépendant qui s'aiment beaucoup; son éducation a été construite sur cet amour. Sa mère raconte: "Chiara avait quatre ans, et je lui ai proposé de donner quelques uns de ses jouets aux enfants nécessiteux, puisqu'il y en avait trop dans sa chambre. Elle a refusé, mais ensuite a voulu trier tous ses jouets pour destiner les meilleurs aux enfants pauvres. Souvent, à l'école maternelle, elle donnait son goûter à une compagne qui en avait pas. Dès lors, j'ai commencé à lui donner deux goûters. Rien à faire: elle donnait les deux goûters à celles qui en étaient dépourvues" (toutes les citations sont tirées du livre de Franz Coriasco, "18 ans d'une vie lumineuse", Nouvelle Cité, août 2010).

Aimer toujours, aimer tous, aimer en premier

Décrite par sa maîtresse comme une fillette brillante, joyeuse et altruiste, elle démontre une générosité hors pair. A neuf ans, elle décide de vivre pour un idéal d'amour et d'unité. Vivre pour Dieu signifie avant tout aimer toujours, aimer tous, aimer en premier. Elle a beaucoup d'amis. Une fois, à la question "est-ce que tu parles de Dieu à tes amis? ", elle répond: "Je ne dois pas en parler, mais le leur donner par mon amour".

Une élégance discrète

Adolescente, Chiara aimait beaucoup le sport: natation, tennis, patins à roulettes, balades en montagne. Pour certains, elle était la plus jolie fille de Sassello. C'était surtout sa façon de faire qui subjuguait, et ils étaient nombreux à la trouver charmante. Pourtant tout cela la gênait, raconte Chicca Coriasco, sa meilleure amie. Elle ne supportait pas d'être au centre de l'attention est encore moins d'être appréciée pour sa beauté extérieure. C'est une vraie femme, mais d'une grâce plutôt originale: pas de commérages, de vanité, ni de caprices; elle a une élégance discrète. Elle noue une amitié particulière avec Luca, le beau gosse du village; mais quand elle se rend compte qu'ils n'ont pas la même échelle de valeurs, elle met fin à cette histoire.

Une amie qui lui avait confié d'avoir eu des relations sexuelles sans aucune intention de se marier, raconte: "Elle ne m'a rien dit. Seulement, elle m'a demandé si j'étais heureuse". Idéaliste et en même temps pragmatique, Chiara exècre toute sorte de discrimination et d'injustice, surtout les vexations à l'égard des plus faibles. Elle aime bien la lecture (Dostoïevski, Camus, Saint-Exupéry, Hesse, etc.) et ses études littéraires au lycée. Pourtant, une enseignante désapprouve les convictions de Chiara, et réussit à lui faire répéter son année et à lui infliger souvent des examens de rattrapage.

L'amour malgré la souffrance

C'est en septembre 1988, en jouant au tennis, que cette adolescente de seize ans éprouve une douleur très intense à l'épaule. Le médecin ne lui laisse aucun espoir: il s'agit d'un sarcome aux os, un cancer parmi les plus douloureux, qui va la tuer en deux ans. Rentrée à la maison, elle s'enferme dans sa chambre pendant 25 minutes. A sa sortie, elle annonce souriante à sa mère: "J'ai dit à Jésus: si tu le veux, moi je le veux aussi". Commence un calvaire fait d'interventions chirurgicales, chimiothérapie, courses à l'hôpital en ambulance. Chiara semble ne jamais se replier sur elle-même, toujours tournée vers les autres qu'elle aime de manière très concrète. Comme cette fille, dans la chambre d'hôpital à côté, malade de dépression, dont Chiara exauce le désir de l'accompagner en de longues promenades dans les couloirs. Elle répond à ses parents et aux médecins qui l'invitent à un repos absolu: "J'aurai le temps de me reposer plus tard".

Elle remarque qu'une autre malade aimerait bien se teindre les cheveux, et s'y prête tout de suite. Les amis qui vont la visiter pour la réconforter s'aperçoivent que chaque rencontre avec cette malade un peu spéciale les emplit de joie. Elle refuse de prendre de la morphine pour atténuer ses souffrances terribles. La raison: "Si je perds ma lucidité, je ne pourrai plus aimer Jésus". Un Jésus qui, pour elle, est une réalité très concrète, présent dans chaque être humain.

Le départ de ce monde, dans la joie

Le 28 octobre 1990, dans un climat qui évoque plus la joie que la douleur, Chiara quitte ce monde. Ses funérailles ressemblent à une fête. Chaque année, à l'anniversaire de son départ, quelques milliers de jeunes se donnent rendez-vous à Sassello pour des festivités en son honneur.

La popularité sur Facebook

Si on cherche " Chiara Luce Badano " sur Google ou Facebook, où un groupe réunit près de 91 000 admirateurs, on trouve, dans toutes les principales langues européennes, des témoignages sur la joie, l'amour pour Dieu et pour les autres que Chiara a su susciter dans des milliers de cœurs qui l'ont connue, ou, plus souvent, qui ne l'ont jamais rencontrée personnellement.

L'auteur de cet article se base, entre autres, sur des interviews personnelles à une dizaine de ses amis, comme le Dr Ferdinando Garetto, oncologue de l'hôpital où Chiara a été soignée, et qui faisaient partie aussi de l'entourage de Chiara Luce.

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