La Ribot, à la frontière des arts visuels et de la danse

La Ribot, chorégraphe tout à fait hors du commun, travaille ses œuvres dansées comme s'il s'agissait de réaliser une oeuvre d'art plastique.

Maria Ribot est né à Madrid et vit aujourd’hui à Genève. Lorsqu’elle parlait à sa mère de ses rêves de danse, cette dernière lui disait qu’il fallait pour cela vivre en Russie. La Ribot pourtant a laissé derrière elle la danse classique pour se consacrer à un style de danse tout à fait particulier qui est devenu sa marque de fabrique : un style de danse à la frontière des arts visuels et de la danse.

La Ribot, un style de danse qui dérange

La Ribot développe un style de danse qui pourra en choquer certains. En effet, elle danse la plupart du temps nue ou alors peu vêtue, mettant en avant les formes de son corps mince dans des positions parfois scabreuses ou évocatrices.

Mais n’est-ce pas ce que la chorégraphe souhaite ? Choquer. La danse de La Ribot se veut une danse anti-consumériste. Son art nécessite peu. Elle-même, son corps nu et son esprit, quelques objets çà et là de la pièce suffisent à ses créations.

Elle mettra par exemple en valeur un corps nu, souffrant sur une paire de chaussures talons aiguilles, puis s’écrasant sur le sol après s’être tordu dans tous les sens.

La Ribot, plasticienne et humoriste

Les créations de La Ribot font appel aux arts visuels et plastiques. Ces pièces sont constituées d’une suite de positions du corps à la limite de la performance. Plus qu’une chorégraphie, La Ribot fabrique des tableaux vivants.

Sur scène, elle s’entoure d’objets comme elle s’entoure de ses spectateurs. Les objets sont étalés pèle-mêle sur le sol. Pourtant, chacun d’eux porte sa signification. Quant aux spectateurs, ils accompagnent la danseuse dans ses mouvements, formant généralement un cercle autour d’elle. Une manière peut-être pour La Ribot de les inclure dans la chorégraphie.

La Ribot parle au cours de ses représentations. Elle peut faire preuve à la fois d’humour et de tragique. Cela fait réagir ses spectateurs.

Les pièces distinguées de La Ribot

La Ribot crée un concept qui n’appartient qu’à elle : les pièces distinguées. Il s’agit de pièces très courtes, de 30 secondes à 7 minutes, qui adaptent des concepts tirés des univers des arts visuels ou de la danse. La Ribot a développé ce concept pendant dix ans et continue à le travailler aujourd’hui.

En 2011, elle est en résidence à Pôle Sud, haut lieu de la danse contemporaine à Strasbourg. Elle y présentera PARAdistinguidas , sa toute nouvelle création. A cette occasion également, un film regroupant l’ensemble des pièces distinguées a été réalisé. Il s’agit de treintaycuatropiècesdistinguées&onestriptease .

La Ribot quitte aujourd’hui la danse seule. Après avoir travaillé avec des artistes de l’image, les camera women Marie-Caroline Hominal et Delphine Rosay, elle a créé Gustavia avec Mathilde Monnier.

Avec sa dernière création, PARAdistinguidas , elle travaille avec 4 danseuses ainsi que des figurants amateurs et musiciens.

En se rendant à une représentation de La Ribot, il ne faut en aucun cas s’attendre à un ballet classique. Il est préférable de se préparer à voir une grande œuvre d’art plastique contemporaine. On aime ou on déteste, mais La Ribot ne laisse personne indifférent.

Sur le même sujet