Le Bal, Ettore Scola

La réalisation d'un film sans parole, "Le Bal", était un challenge plutôt incroyable... Ettore Scola l'a réussi.

Le bal est un film sans paroles. Il conte l’Histoire de France avec un grand H, à travers l’interprétation de danses. Il téléporte les personnages – les danseurs – dans des univers historiques différents, allant du début du siècle aux années 1980. Ettore Scola s’est inspiré d’une pièce de théâtre créée et mise en scène par Jean-Claude Penchenat en 1981. Trouvant l’idée intéressante, il l'a portée à l’écran.

Le Bal, un film sans paroles

Si le film retrace l’histoire de France, il est également un hommage au cinéma muet.

On retrouve également des clins d’œil à des scènes de films de Charlie Chaplin ou encore aux films avec Fred Astaire et Ginger Rogers.

Cependant, le choix de ne pas faire parler les personnages permet également de faire parler les gestes, les expressions exprimées par les visages, les attitudes. Un film sans paroles magnifie les émotions.

Car dans ce film, il y a des émotions. Si Le Bal peut paraître de temps à autre plutôt comique avec des clins d’œil au cinéma muet, les émotions y sont largement accentuées, d’une part par les attitudes des acteurs, d’autre part par le maquillage exagéré des personnages.

On retrouve encore ici un rappel au cinéma muet qui, lui aussi, accentuait les expressions.

La Bal, un film historique

Le moment où ressort le plus d’émotions est certainement le retour du soldat. A ce moment, seuls les visages et la musique parlent. Puis le soldat unijambiste se met à danser avec sa femme retrouvée.

Le film retrace les moments les plus forts de l’histoire.

La salle de bal est par exemple bombardée lors de la Guerre. Elle est visitée par les occupants et les collaborateurs. Elle est le lieu de rencontre et de lutte entre "franchouillards" et personnes issues de la colonisation.

La danse et l’histoire des rapports humains

Le début du film intrigue : les femmes entrent d’abord les unes après les autres, s’installent aux tables qui sont aux abords de la piste de danse. Puis vient le tour des hommes, qui tournent autour des femmes. Les couples se font et se défont au fur et à mesure des époques.

Aussi le film retrace les rapports humains, à travers la danse.

Le réalisateur et les acteurs gardent en mémoire l’influence de la danse dans notre société. En effet, comme le rappelle le réalisateur, un grand nombre de couples se sont formés au bal. Aujourd’hui encore les couples se font et se défont dans les boîtes de nuit.

Le réalisateur met ainsi en valeur le rôle sociologique de la danse à travers le temps.

Le film retrace les grandes époques françaises : le Front Populaire, l’Occupation, la Libération, les années 50, la Guerre d’Algérie, mai 68… La population se scinde à ces époques, on observe différents comportements. Le réalisateur essaie de retranscrire ces « types » de réaction dans la danse.

Jean-Claude Penchenat, auteur de la première pièce de théâtre Le Bal , reste conseiller d'Ettore Scola.

Malgré ses particularismes et ses zones d’ombres, Le Bal connaît un grand succès. Il est même primé avec 3 Césars en 1984 et nominé à l’Oscar du meilleur film étranger.

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