Robyn Orlin, une chorégraphe contre classique

Robyn Orlin est une chorégraphe psychologue qui va au-delà de l'esthétique de la danse. Elle s'intéresse à la beauté intérieure et rejette la norme.
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Pour sa dernière création en 2010, Robyn Orlin s’est associée au chorégraphe et danseur de hip-hop Ibrahim Sissoko. Elle a également fait appel au réalisateur Philippe Lainé pour la video et au dessinateur Maxime Rébière pour effectuer des croquis en direct du spectacle sur le sujet des violences urbaines. Cette création reflète tout à fait « l’esprit Orlin ».

Robyn Orlin, une chorégraphe multiculturelle

Né d’un père lituanien et d’une mère polonaise émigrés en Afrique du sud, elle a appris très jeune la différence et ce que les personnes différentes pouvaient s’apporter les unes aux autres. C’est pourquoi elle cultive tant la différence des êtres, des danseurs, des musiques, des costumes…

Elle a étudié la danse contemporaine à Londres, puis à l’Institut d’Art de Chicago. C’est pourquoi ses chorégraphies usent de plusieurs arts tels que la vidéo, l’écriture, les arts platiques.

Robyn Orlin réside en Afrique du Sud où l’appartheid est encore très présent. Pourtant, Noirs et Blancs, pauvres et riches, se forment dans son Ecole.

Robyn Orlin, un chorégraphe politique et sociale

Robyn Orlin souhaite avant tout relier la danse à la réalité. Aussi ses chorégraphies se composent très souvent de thèmes de société contemporains qui ont marqué la vie de la chorégraphe, tels le sida et l’apartheid en Afrique du Sud par exemple.

Elle refuse de créer des catégories. Elle souhaite que dansent ensemble homosexuels et hétérosexuels, noirs, blancs et métisses.

Les créations de Robyn Orlin respectent cette ligne droite : elle peut mêler de la musique très classique et des costumes complètement loufoques.

Pour dénoncer et aborder les thèmes de société, Robyn Orlin se sert beaucoup de la vidéo et de la théâtralité de la danse.

Elle revendique le fait d’être une chorégraphe libre, libre dans ses créations, libre dans ses idées. Sa danse doit être la danse de ses danseurs et de ses spectateurs.

Robyn Orlin, chorégraphe de la différence

La chorégraphe produit une danse contre la norme. Elle a refusé la norme très jeune. De formation classique, elle a très vite laissé de côté cette façon de danser si guindée. A tel point que de temps à autre, elle connaîtrait presque une angoisse à enseigner le classique.

"Anti-normique" pourrait-on dire… La chorégraphe souhaite faire danser ensemble des êtres tout à fait différents et qui dansent différemment. Ainsi, il lui arrive souvent d’interroger les danseurs sur la chorégraphie : est-ce que ça leur plaît ? Est-ce qu’ils se sentent à l’aise ?

Pour marquer sa différence, Robyn Orlin choisit toujours des titres très étonnants pour ses créations, le plus célèbre étant If You Can’t Change The World, Change Your Curtains (1990) – un titre qui fait appel à une signification politique et sociale.

On se souviendra également du spectacle de 2001 We Must Eat Our Suckers With The Wrapper On qui évoquait le thème du sida, thème cher à Robyn Orlin. Cette création est d’ailleurs une de celles qui a attiré le plus de commentaires de toute l’œuvre de la chorégraphe.

Enfin, on notera My Hair Will Always Reach Towards The Sun , pour lequel un montage de piscines gonflables a été monté dans le public pour constituer une sorte de rivière.

Robyn Orlin ne fait décidément rien comme les autres. Mais c’est pour cela que ces chorégraphies sont appréciées… ou pas. Quelles que soient les opinions, on reconnaîtra à Robyn Orlin un grand travail de recherche sur les chorégraphies, le montage, la transmission du message et la psychologie des acteurs du spectacle (danseurs et spectateurs).

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