Signes, chorégraphie de Carolyn Carlson, mais pas seulement...

Le ballet Signes est un ballet où la peinture, la danse et la musique se rencontrent avec harmonie.
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Signes est un ballet né de la rencontre entre un artiste peintre, Olivier Debré, une chorégraphe, Carolyn Carlson et un compositeur, René Aubry. L’idée de travailler pour un ballet est apparue très tôt à Olivier Debré. Il y a travaillé pendant 10 ans. Brigitte Lefèvre, directrice artistique à l’Opéra de Paris trouva l’idée intéressante. Restait à trouver un chorégraphe et un compositeur. L’entente entre Olivier Debré, Carolyn Carlson et René Aubry s’est tout de suite établie.

Signes , une chorégraphie tout sourire

Olivier Debré a développé toute son œuvre autour du sourire. En effet, il a dessiné le mouvement de la commissure des lèvres pour former des figures dynamiques pendant 50 ans. Il rendait ainsi hommage à Léonard de Vinci et à sa célèbre Joconde.

Il a également beaucoup travaillé les couleurs. C’est pourquoi il choisit de peindre sur des toiles surdimensionnées, afin que le mouvement apparaisse véritablement.

Ce sont ces toiles qui serviront de fond à la chorégraphie élaborée par Carolyn Carlson, et non l’inverse, comme c’est habituellement le cas. En effet, Olivier Debré avait réalisé ses tableaux avant que Carolyn Carlson commence à réfléchir à la chorégraphie. 24 toiles étaient prêtes. Il a fallu en choisir sept.

Aussi le ballet est divisé en sept « tableaux » - c’est le cas de le dire - ou plutôt séquences : Signe du sourire , Loire du matin , Monts de Guilin , Les Moines de la Baltique , L’esprit du bleu , Les couleurs de Maduraï , La Victoire des Signes.

Le sourire, pour Carolyn Carlson, c’est aussi la manière de faire évoluer le corps dans un univers, le mouvoir avec harmonie, l’intégrer dans le tableau.

Le ballet représente une cohabitation de différents arts qui rappelle la nature. En effet, dans la nature règne également une cohabitation harmonieuse entre les quatre éléments : l’air, l’eau, la terre, le feu.

La chorégraphie de Carolyn Carlson s’inspire justement de la nature avec des gestes amples et des mouvements aériens. Ainsi, les couleurs, les sons et les mouvements sont en phases. Le corps doit traduire et humaniser les sentiments.

Le corps ou plutôt les corps… Car c’est aussi l’ensemble de danseurs qui fabrique cette harmonie. La souplesse et l’amplitude des mouvements exécutés en totale concordance illustre parfaitement la nature.

Les décors et costumes de Signes

Les costumes appartiennent pleinement à la composition. Eux aussi ont été réalisés par Olivier Debré. L’artiste a choisi des robes amples pour les femmes, mais également des tenues légères s’envolant au moindre mouvement.

On retrouve le mouvement présent dans les toiles à travers les costumes.

Les costumes sont modifiés à chaque tableau. La chorégraphie s'ouvre avec une monumentale robe jaune portée par Marie-Agnès Gillot, héroïne du ballet.

Cette robe constitue un des costumes les plus remarquables. Pourtant très simple, elle impressionne par son amplitude et sa forme asymétrique.

Les costumes de la fin du ballet, eux aussi sont notables. Bicolores, ils illustrent la dualité. Les danseurs portant ces costumes exécutant des mouvements les uns à côté des autres composent eux aussi un tableau.

Signes est une chorégraphie qui magnifie la peinture ou un tableau qui magnifie la danse. Aussi les amateurs et professionnels des deux disciplines apprécieront le spectacle. Cependant la plus grande qualité de ce ballet réside dans l'imaginaire. Les artistes créateurs souhaitent développer la réflexion et l'imagination de leur spectateur.

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