Chelsea, les limites du nouveau riche

C'est encore raté pour le club de Chelsea, qui ne gagnera pas la Ligue des Champions en 2011. Comment comprendre ce nouvel échec?

Le Chelsea de Roman Abramovitch vient de se faire éliminer de la Ligue des Champions par Manchester United . Sans aucune discussion possible (0-1; 1-2). Pourtant, les deux clubs présentent bien des similitudes. Mais alors, que manque-t-il aux Blues?

Des moyens identiques

Manchester United et Chelsea font partie du gratin européen. Parmi les plus gros budgets, ils peuvent s'offrir les grands joueurs qui leur permettent de se qualifier depuis des années pour la Ligue des Champions en monopolisant les premières places de la Premier League: Rooney , Nani , Drogba ou Torres sont des joueurs décisifs qui pèsent sur une rencontre et peuvent la faire basculer à tout moment.

Les deux clubs parviennent également à conserver leurs joueurs, lesquels s'inscrivent dans la durée sous leurs couleurs, tels Evra, Vidic ou Park depuis plus de cinq ans à Manchester, Cech, Paulo Ferreira ou Essien à Chelsea depuis plus de six ans à Chelsea. Cette longévité permet à leurs entraîneurs de s'appuyer sur une ossature qui fonde la solidité de leurs équipes et favorise l'intégration harmonieuse des recrues.

Pourtant, ni Manchester, ni Chelsea ne retiennent contre leur gré des joueurs désireux d'évoluer sous d'autres cieux. Ainsi, Lassana Diarra quitta Chelsea pour Arsenal en 2008 alors que Cristiano Ronaldo obtint un départ de Manchester United pour le Real Madrid en 2009.

Un renouvellement de l'effectif inégal

Il y a toutefois un aspect sur lequel les deux clubs divergent. C'est leur capacité à renouveler de manière optimale leur effectif.

Ainsi, Manchester United parvient souvent à valoriser des recrues au profil parfois exotique comme Park ou Hernandez, tout en offrant des rôles d'appui très valorisants à de vieux briscards comme Giggs ou Scholes, héros de la campagne victorieuse du club en Ligue des Champions en 1999.

En revanche, Chelsea peine à trouver des leaders susceptibles de relayer les cadres historiques de l'équipe, Terry, le capitaine, Lampard ou Drogba, et ne parvient pas toujours à épanouir les espoirs que les recruteurs sont allés chercher très tot, tel le français Gaël Kakuta.

Le poids de l'histoire

Par ailleurs, Chelsea ne semble pas s'être remis du départ de son entraîneur José Mourinho en 2009. En quatre ans à Chelsea, celui-ci n'est pas parvenu à offrir à ce club le titre continental qu'il avait offert à Porto en 2004 et qu'il n'a mis qu'une année à ramener à l'Inter Milan en 2010.

À l'inverse, Sir Alex Ferguson est l'entraîneur de Manchester United depuis 1986, un record de longévité. Le coach écossais a traversé les époques et parvient à maintenir le club mancunien au sommet sans que l'évolution du monde du football ne vienne ébranler la place majeure du club dans le gotha européen.

Au-delà de la figure de son entraîneur historique, c'est bien une image de marque que véhicule Manchester United, et c'est cette image et son histoire qui transcende ses joueurs, à l'instar d'un Wayne Rooney combattif à l'extrême.

Cet environnement chargé d'histoire, qui ne demande qu'à être perpétué, se retrouve à Madrid , à Barcelone , à Milan ou à Munich , mais pas encore à Chelsea, le nouveau riche, à qui il manque une victoire de prestige sur la scène européenne.

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