Coupe des clubs champions 1991 : l'OM y était presque

À l'approche des finales européennes, retour sur l'épopée de l'Olympique de Marseille en Coupe des clubs champions 1991, vingt ans après.

Cela fera vingt ans le 29 mai prochain. Ce jour-là, à Bari, dans les Pouilles au sud de l'Italie, l'Olympique de Marseille échouait en finale de la Coupe des clubs champions face à l'Étoile Rouge de Belgrade. Un vrai crève-coeur pour ses joueurs, parmi lesquels Basile Boli , héros malheureux en larmes à l'issue d'une séance de tirs aux buts scellant la fin des espoirs de l'OM.

Une épopée brillante

Champion de France en 1989 et 1990, l'OM avait déjà atteint les demi-finales de l'épreuve l'année précédente, contre le Benfica Lisbonne. C'est sur la base de cette expérience que le club phocéen a construit son parcours en Coupe des champions l'année suivante.

Après avoir facilement disposé des Albanais de Tirana, puis des Polonais du Lech Poznan en seizièmes puis en huitièmes de finale d'une compétition à élimination directe, les Marseillais tombèrent sur le grand Milan AC, double tenant de l'épreuve, en quarts de finale. En deux confrontations de légende (1-1 à Milan et 1-0 à Marseille), l'OM montra qu'il savait défendre, qu'il savait réagir et qu'il savait se montrer inspiré au meilleur moment.

En demi-finale, les joueurs phocéens maîtrisèrent parfaitement le Spartak Moscou (1-3 à Moscou et 2-1 à Marseille) et c'est sans souci que le club se qualifia pour la finale, contre l'inattendue Étoile rouge de Belgrade , fort de ses jeunes techniciens talentueux, Prosinecki et Savicevic, et de son buteur Pancev.

Une équipe de grands joueurs

Il faut dire que cet OM-là dispose d'un effectif fait pour gagner et bien jouer: Cantona, Waddle, Stojkovic, Pelé, Vercruysse sont en concurrence pour épauler Jean-Pierre Papin, buteur historique du club en attaque.

Les blessures des uns et les profils des autres conduisent Raymond Goethals à installer Waddle, le divin Anglais, et Pelé, le petit Ghanéen, de retour à Marseille après un premier passage dans les années 1980, autour de JPP. Avec succès. Ce sont en effet deux combinaisons du trio qui permettent à l'OM d'éliminer le grand Milan en quarts de finale.

Derrière, l'entraîneur belge a reconduit une défense à cinq autour du solide libero brésilien Carlos Mozer: Basile Boli et Bernard Casoni en sont les stoppeurs, Manuel Amoros et Éric Di Meco les latéraux. Bruno Germain, Laurent Fournier et Jean Tigana se relaient pour occuper les deux postes du milieu de terrain, profitant de la longue blessure de Bernard Pardo.

Cet édifice-là joue bien, marque beaucoup de buts, élimine un grand d'Europe et parvient à faire du club un adversaire redouté et respecté.

Un épilogue douloureux

Ce n'est pourtant pas cette équipe qui donnera à la France sa première victoire en Coupe d'Europe. Au cours d'un match fermé et crispant durant lequel il se crée les meilleures occasions, sans toutefois parvenir à mettre à contribution le gardien adverse, l'OM peine à imposer son jeu à l'Étoile Rouge de Belgrade.

Les créateurs yougoslaves se mettent au service de l'équipe et sacrifient le beau jeu pour former un bloc compact difficile à manœuvrer. Las, l'OM ne trouvera jamais la clé du succès et c'est finalement aux tirs aux buts que se décidera l'issue de cette finale.

Manuel Amoros ratera le premier tir pour l'OM, Pascal Olmeta, son gardien ne parviendra à en arrêter aucun, et c'est Darko Pancev qui réussira le tir au but victorieux pour l'Étoile Rouge de Belgrade. Un épilogue douloureux pour l'une des plus belles équipes de l'histoire des clubs français.

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