Du 21 avril 2002 au 22 avril 2012

10 ans après le choc du 21 avril 2002, en quoi l'approche de l'élection présidentielle a-t-elle changée ?
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Le 21 avril 2002, à la surprise générale, Jean-Marie Le Pen accédait au second tour de l'élection présidentielle, en éliminant au finish Lionel Jospin, le candidat socialiste. La veille de la prochaine échéance présidentielle marquera le dixième anniversaire de cet événement politique. Que reste t-il du 21 avril 2002 et a-t-il vraiment transformé le rapport des français à l'élection présidentielle ?

Le rebond de la participation en 2007, un mirage ?

On a longtemps dit que l'accession de Jean-Marie Le Pen au second tour de l'élection présidentielle en 2002 était due au taux d'abstention record du premier tour. 28% des électeurs ne s'étaient pas déplacés.

Cette démobilisation de l'électorat pour l'élection la plus importante de la Ve République avait été prise en compte par Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, candidats modernes et communiquants à la présidentielle de 2007 incarnant le renouvellement de de la relation à l'électeur que celui de la classe politique.

Le taux d'abstention était en effet retombé à 16%, et le score du candidat du Front National à 10% au premier tour.

Ce rebond démocratique pourrait toutefois avoir fait long feu. Certains instituts de sondage avancent en effet un potentiel d'abstention compris entre 20 et 25% au premier tour.

Un ras-le-bol de la politique "bling bling"

Même si rien ne permet d'imaginer que Marine Le Pen accèdera au second tour de la présidentielle cette année, cette tendance semble indiquer un manque d'intérêt de français pour cette nouvelle échéance.

Le supposé renouveau incarné par le flamboyant candidat Sarkozy en 2007 n'ont donné lieu qu'à un ensemble de mesurettes sectorielles destinées à satisfaire les électeurs acquis à sa cause : bouclier fiscal et TVA réduite pour les restaurateurs en sont les exemples les plus symboliques.

L' explosion du chômage pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy est un constat terrible qui tranche avec ses promesses de campagne et incite à prendre beaucoup de recul par rapport aux programmes avancés par les candidats.

L'impuissance des hommes politiques face à la conjoncture économique

Même s'il s'en défend et prétend pouvoir agir sur les effets d'une conjoncture économique négative , Nicolas Sarkozy ne peut appuyer ses propos sur son bilan peu flatteur en matière d'emploi ni sur une actualité marquée par la récente liquidation de Sea France .

Si les électeurs ne sont pas dupes de cette réalité, il est toutefois inimaginable pour un candidat d'acter l'incapacité de l'action politique face aux fluctuations de la conjoncture économique. On ne peut que rappeler les conséquences désastreuses sur l'opinion publique de l' aveu d'impuissance de Lionel Jospin devant la fermeture de l'usine Renault de Vilvoorde à quelques mois de la présidentielle de 2002.

Le vote extrême, un vote d'adhésion ?

Ce principe de réalité ne donne que plus de crédit à l'hypothèse d'un vote d'adhésion en faveur des candidats de l'extrême droite et de l'extrême gauche. Actuellement créditées de 13 à 16% des intentions de vote chacun, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon sont les candidats aux projets les plus radicaux mais probablement les plus lisibles pour les électeurs.

Les candidats du Front National et du Front de Gauche ont le mérite de donner à leur engagement un sens politique clair fondé sur des convictions qui ont le mérite d'entretenir un débat politique quelque peu confisqué par les candidats de l'UMP et du PS.

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