Les vainqueurs d'un jour à Wimbledon

Alors que Nadal et Federer n'ont laissé personne d'autre remporter le tournoi depuis 2003, focus sur les vainqueurs d'un jour à Wimbledon.

Parce que le poids de la tradition y est grand, Wimbledon est le tournoi le plus spécial du circuit professionnel de tennis. Et si Björn Borg (5 victoires consécutives de 1976 à 1980) , Pete Sampras (7 victoires entre 1993 et 2000) et Roger Federer (6 victoires à ce jour, de 2003 à 2009) sont les vainqueurs les plus fréquents du tournoi depuis le début de l' ère open , le gazon londonien a aussi donné l'occasion à des spécialistes du jeu rapide de s'imposer une fois, entrant ainsi dans la légende des vainqueurs de Grands Chelems. Qui sont ces vainqueurs d'un jour?

Des vainqueurs inattendus?

Ces vainqueurs d'un jour sur le gazon londonien ont un point commun: s'ils n'étaient pas des inconnus, ils n'étaient pas attendus au moment de leur victoire et ont bénéficié d'un effet de surprise incontestable.

Pat Cash n'était que le onzième joueur mondial à la veille de sa victoire contre Ivan Lendl en 1987 (7-6, 6-2, 7-5). Et si Michaël Stich était sixième mondial au moment de son succès contre Boris Becker en 1991 (6-4, 7-6, 6-4), il n'était pas donné favori contre son rival allemand, pas plus qu'en demi-finale contre le Suédois Stefan Edberg (4-6, 7-6, 7-6, 7-6).

Le Néerlandais Richard Krajicek n'était que dix-septième au classement ATP en 1996 et s'offrit le luxe de sortir le maître des lieux depuis 1993, Pete Sampras, en quarts de finale (7-5, 7-6, 6-4) avant de dérouler contre l'Australien Jason Stoltenberg en demi-finale (7-5, 6-2, 6-1) et le surprenant Américain Malivaï Washington en finale (6-3, 6-4, 6-3).

Quant à la victoire de Goran Ivanisevic en 2001, ce fut tout simplement la surprise de ce début de siècle. Classé au-delà de la centième place à l'entame du tournoi, le Croate élimina les représentants de la jeune classe (Andy Roddick et Marat Safin) et les chouchous anglais (Greg Rusedski et Tim Henman) avant de vaincre en finale l'Australien Pat Rafter (6-3, 3-6, 6-3, 2-6, 9-7).

De grands serveurs, spécialistes du jeu sur gazon

Alors que Roland Garros est un tournoi destiné aux joueurs de fond de court capables de défendre longtemps et d'asséner de grandes frappes au cours d'échanges parfois interminables, Wimbledon est un tournoi fait pour les grands serveurs capables de s'appuyer sur une première balle de service puissante pour aller conclure les points à la volée.

Ce n'est pas un hasard si Goran Ivanisevic, vainqueur inattendu en 2001, détient le record d'aces sur une saison ( 1477 en 1996 ) et le record du plus grand nombre d'aces au cours d'un tournoi du Grand Chelem, précisément à Wimbledon, en 2001. De même, au moment de sa victoire en 1996, Richard Krajicek détenait le record du service le plus rapide au monde, chronométré à 225 km/h.

Cette capacité à servir fort n'est désormais plus un gage de succès à Wimbledon où Rafaël Nadal a remarquablement adapté son jeu pour s'imposer avec brio en 2008 et 2010, suivant une nouvelle fois les traces de Björn Borg, également capable de s'imposer à Roland Garros et à Wimbledon malgré les caractéristiques si différentes de la surface.

Mais aujourd'hui, il suffit de constater que depuis 2006, seul Juan Martin Del Potro à l'US Open en 2009 a réussi à chiper un tournoi du Grand Chelem à l'intouchable trio Federer-Nadal-Djokovic pour comprendre qu'il n'y a plus de place pour les victoires surprises.

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