Pourquoi Thomas Voeckler peut-il gagner le Tour de France ?

Quelques raisons de croire que Bernard Hinault a peut-être trouvé un successeur.

Même s'il s'en défend, le français Thomas Voeckler a de bonnes raisons de croire en sa bonne étoile : un mental énorme, des concurrents peu portés sur l'attaque et, peut-être un contexte de lutte contre le dopage favorable.

Un mental de fer

Les spécialistes lui promettaient l'enfer dans les Pyrénées et c'est pourtant toujours vêtu de sa tunique jaune que Thomas Voeckler partira à l'attaque des Alpes demain. Le maillot de leader du Tour de France qu'il porta déjà avec bravoure en 2004 le galvanise et lui a donné des ailes à Luz-Ardiden et au Plateau de Beille où aucun des favoris de la grande boucle n'a pu lui reprendre plus d'une dizaine de secondes.

Des concurrents en attente ?

Si le niveau de résistance du français interpelle, l'attentisme de ses adversaires étonne. Les quelques banderilles lancées par les frères Schleck et Cadel Evans à l'approche de Luz-Ardiden et au cours de la montée vers le plateau de Beille n'ont pas déstabilisé le français, qui a même terminé les deux étapes pyrénéennes toujours accompagné par son équipier Pierre Rolland .

Contador et le groupe des favoris ont parfois donné l'impression que la conquête du maillot jaune pouvait être prématurée et que sa défense serait difficile à tenir dans la durée. Le porteur du maillot jaune est en effet condamné à diriger la course, et aucune équipe ne semble armée pour le faire comme l'US Postal de Lance Armstrong.

Le signe d'un Tour propre ?

Quand on s"intéresse de plus près au niveau de performance du peloton, force est de constater qu'il est moins spectaculaire qu'il y a quelques années : le vainqueur au Plateau de Beille, Jelle Vanendert a mis 46 minutes et 4 secondes du pied au sommet du plateau.

C'est deux minutes et trente-quatre secondes de plus que l'italien Marco Pantani en 1998 (temps de montée au Plateau de Beille de quarante-trois minutes et trente secondes) et près de deux minutes de plus que le danois Michael Rasmussen en 2007 (temps de montée de quarante quatre minutes et huit secondes).

Même s'il faut le lire avec prudence, cet écart semble indiquer un tassement des performances chronométriques des coureurs sur le Tour et alimente la thèse très optimiste de l'efficacité de la lutte contre le dopage et l'idée que dans un cyclisme plus propre, les français ont leur chance comme les autres.

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