L'alimentation des enfants: une question d'éducation?

Les inquiétudes parentales au sujet de l'alimentation sont nombreuses. Elles ont des conséquences certaines sur le comportement de l'enfant. Que faire?
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Dès la naissance, la mère s'inquiète au sujet de l'alimentation de son enfant. Qu'elle l'allaite ou que le bébé soit au biberon, les inquiétudes sont déjà vives. La raison en est simple: le rôle nourricier de la mère est si ancré dans notre civilisation que dès le début, l'alimentation (et tout ce qui tourne autour) est compliqué. Nourrir son enfant n'est pas si simple. Et s'il s'agissait également et surtout d'une question d'éducation?

Le rôle nourricier de la mère

Elisabeth Badinter l'évoque très bien dans son livre L'amour en plus . Les femmes, de tous temps, ont eu un poids énorme qui pesait sur leurs épaules. Elles avaient et ont encore un rôle nourricier primordial. «Mon enfant mange bien, je suis donc une bonne mère.» La culpabilité est grande pour toutes les mères dont l'enfant présente des difficultés alimentaires. Elles sont souvent démunies, parfois désemparées et vont glisser peu à peu vers des pratiques insensées.

L'enfant et l'alimentation

Le petit comprend très tôt les enjeux autour de l'alimentation. Il n'hésite pas à tester sa mère. Et plus il devine l'angoisse qui étreint celle-ci et plus le temps du repas est et sera difficile, compliqué et parfois une réelle épreuve de force. Dès la naissance, le petit a certes besoin de manger, mais il a également besoin de se nourrir de l'amour de ses parents. La relation en effet est primordiale dans l'alimentation. Parler à son enfant semble naturel à beaucoup de parents. Mais, il n'en est pas toujours de même pour les questions de règles et de limites autour de la nourriture et du repas.

L'importance d'un cadre pour l'alimentation de l'enfant

Poser un cadre à l'enfant est rassurant. L'absence de règles et de limites, non. Il en va de même pour l'alimentation.

Trop souvent, on voit des petits de dix-huit mois choisir le menu de leur prochain repas. Et on ne compte plus le nombre d'enfants qui ont leur mot à dire pendant les courses hebdomadaires. N'est-ce pas aux parents de décider de l'heure et du contenu du repas plutôt qu'aux enfants?

Savoir et oser dire non à son enfant est nécessaire. A tort, les parents laissent leur petit choisir ce qu'il veut manger, quand il veut, comme il veut... Les rôles semblent inverser.

Quelques pistes pour des pratiques sensées autour de l'alimentation des enfants

  • Respecter l'heure des repas: exit le petit gâteau réclamé à grands cris par votre enfant!
  • Votre enfant refuse de manger ce qu'il a dans son assiette? Et bien, sachez qu'un enfant ne se laissera jamais mourir de faim (hormis certaines pathologies)! Ne lui préparez pas autre chose! Il a droit à son dessert mais ne compensez pas avec deux voire trois yaourts ou compotes.
  • Ne jamais forcer un enfant à manger. Il faut l'inciter à goûter et encore, certains professionnels s'interrogent sur le bien-fondé du «goûte!».
  • Entre deux et sept-huit ans environ, les enfants traversent une période appelée néophobie . Il s'agit de la peur de la nouveauté. Il devient plus difficile de leur faire goûter d'un aliment qu'il ne connaisse pas. Il suffit de réessayer quelques jours plus tard. Ne bannissez pas un aliment de vos menus tout simplement parce que votre enfant ne paraît pas l'aimer!

Voir également l'article de Jean-François Cadart: « L'alimentation de l'enfant » qui vous expose les principes de base de l'alimentation de l'enfant.

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