Concorde, le premier avion commercial supersonique

Symbole des prouesses technologiques franco-britanniques, Concorde représentait la suprématie technologique et stratégique de l'aéronautique européenne.
37

Au Salon de l’aviation du Bourget en 1961, le président de Sud-Aviation, Georges Héreil présenta aux journalistes la maquette de la « Super Caravelle », le futur Concorde qui sera le premier avion commercial supersonique.

Sous la maquette, on peut lire sur une petite étiquette : vitesse 2350 km/h, Paris-New-York en 2h58’, premier vol d’essai en 1967, mise en service en 1971.

Mais ce n’est que 8 ans après, le 2 mars 1969 à Toulouse que le Concorde fera son premier vol.

Presque 96 mois que le public attendait cet étrange oiseau au long fuseau, avec des ailes en delta et son fameux bec pointu incliné vers le sol.

En effet, Concorde a eu du retard sur les projets de 1961.

Prévu pour un long courrier 100 passagers pour un poids de 120 tonnes, le Concorde pèsera au final 175 tonnes pour 118-128 passagers, avec plus de 61 mètres de longueur et 12 mètres de hauteur pour une envergure de 25 mètres et demie.

L’oiseau blanc affichait une vitesse maximale de 2368 km/h (Mach 2,24) pour une vitesse de croisière de 2120 km/h (Mach 2) et volait à 16000 voire 18000 km d’altitude.

Avec une autonomie de 6200 km, Concorde était plus un avion transatlantique qu’un avion long-courrier.

L’investissement initial qui était de 2,5 milliards de francs soit plus de 381 millions d’euro passera finalement à 14 milliards de francs c’est-à-dire 2 milliards 135 millions d’euro.

Issue de l’association entre la Grande-Bretagne (British Aircraft Corporation devenu actuellement British Aerospace) et la France (Sud-Aviation devenue Aérospatiale de nos jours), l’ex-Super Caravelle pris en 1962 le nom franco-anglais de Concorde.

Association voulue par le général De Gaulle et finalement acceptée par le premier ministre britannique Mac Millan, le projet réunira dès lors les deux pays.

Le français Sud-Aviation et le britannique Bristol Aeroplane Company développaient en effet avant la coopération franco-britannique leurs supersoniques respectifs : la Super Caravelle et le Bristol 233.

Les Anglais sont alors chargés des moteurs et les Français, ceux de la cellule.

L’objectif de ce projet commun était clair : réduire de plus de la moitié la durée de tous les vols intercontinentaux, enlever à l’Amérique la suprématie dans la construction aéronautique de l’après-guerre et redonner à l’Europe une place de tête dans la technique de pointe.

Les vols commerciaux de Concorde ne commenceront pourtant que 7 ans après le premier vol d’essai de 1969 c’est-à-dire le 21 janvier 1976.

Symbole de la révolution technologique de l’aviation civile du XXème siècle, Concorde est le premier avion commercial équipé de commandes de vol électriques analogiques (fly-by-wire). Il dispose également de réacteurs reliés en thrust-by-wire, qui est l’ancêtre des réacteurs actuels contrôlés par FADEC .

Possédant un pilote automatique assurant la gestion automatique de la puissance et permettant un contrôle hands-off (mains libre) au décollage et à l’atterrissage, l’avion supersonique était ainsi dotée des innovations technologiques précurseurs des avions civils actuels (Airbus et Boeing entre autres) et même utilisées par les avions militaires (le système de freinage SPAD de Concorde est utilisé sur le Mirage français F1).

Ayant 20 ans d’avance sur leur temps, ces nouveautés technologiques ont permis aux constructeurs français et britanniques de rester dans la course à l’aéronautique civile avec notamment Airbus.

Merveille technologique, le Concorde a apporté une avancée technique et stratégique majeure à l’aérodynamique et aux moteurs des avions civils futurs.

Boycotté par le Congrès américain via la FAA à ses débuts, qui interdisait le vol supersonique des avions commerciaux sur le territoire américain, les compagnies nord-américaines furent alors à l’époque obligées d’annuler les commandes de l’appareil.

Produit seulement à 20 exemplaires, Concorde n’a été finalement utilisée que par les deux compagnies aériennes locales: Air France et British Airways.

L’accident de Gonesse de juillet 2000 qui a entraîné des pertes humaines considérables allait ternir l’image du Concorde et mettre fin à 27 ans de service de l’oiseau blanc mythique.

En effet, 3 ans plus tard, en novembre 2003, Concorde est retiré.

Bien que Concorde ait été un échec commercial, il a été un succès technologique et a de plus révolutionné l’aéronautique aussi bien civile que militaire.

Symbole de la supériorité technologique européenne du XXème siècle et précurseur de l’aéronautique du XXIème siècle, Concorde est resté à ce jour, le seul et premier avion commercial supersonique, son homologue soviétique le Tupolev 144 n’ayant presque pas servi.

Sur le même sujet