Anniversaire : tu vois, je n'ai pas oublié…

Obligation sociale s'il en est, souhaiter un bon anniversaire peut être vu comme une corvée de tous les instants ou une sincère marque d'attention.

Oublier de souhaiter un anniversaire… Impensable, ça ferait trop de peine ! On est condamné, surtout si on l’a déjà fait une première fois, à souhaiter à vie, tous les ans bien sûr, l’anniversaire de ses parents, enfants, parrain, marraine, filleul(e)(s), oncles, tantes, cousins et cousines, grands-parents, parfois arrière, vrais et faux amis, voisins, patron, collaborateurs, clients, fournisseurs, banquier, coiffeur… STOP !

Pas de répit, Il y a des anniversaires toute l’année. L’être humain se reproduit en toute saison.

Pas question d’oublier

Y penser signifie «Tu vois, moi, je ne t’oublie pas, tu comptes pour moi». Fort heureusement pour les distraits, Facebook se charge de vous rappeler la date de l’anniversaire de vos «amis» ! Plus besoin d’agenda, de liste, de pense-bête… Les moyens modernes de communication n’ont pas comme seul avantage celui de vous rappeler vos obligations : ils simplifient l’acte, en font une simple formalité. Un mot sympathique sur le «mur» de l’intéressé, l’inévitable «Joyeux Anniversaire» chanté au téléphone ou laissé après le bip, une carte musicale virtuelle, un email ou un SMS bourré d’émoticons, ou des fleurs choisies sur internet, accompagnées du petit compliment de circonstance. Pas de perte de temps. C’est l’intention qui compte.

Encore moins celui d’un enfant

S’il s’agit le plus souvent d’un rite de pure convenance vis-à-vis des adultes, il est beaucoup plus porteur de sens pour le jeune enfant. C’est un jour particulier de sa vie, attendu avec impatience. Celui de l’année précédente lui paraît loin, il a été entre temps invité à une multitude d’anniversaires de copains de son âge et cette fois, c’est son tour. C’est chez lui, avec ces mêmes copains, pour lui et pour lui seul. Tout son monde d’enfant, au-delà de sa seule famille, le considère comme la personne importante du jour. Il vit dans une sorte d’intemporalité qui fait qu’il ne ressent pas cette année de plus comme un vieillissement, mais comme une nouvelle étape de la reconnaissance de son statut de grand.

On n’est pas à la fête

Souhaiter une bonne fête a la même fonction sociale, avec l’avantage de ne pas vous rappeler votre âge. Cet autre rite est toutefois un peu tombé en désuétude, supplanté justement par l’anniversaire. Que représente en effet, aujourd’hui, le saint patron ? Les modèles, les références morales sont plus à rechercher parmi les footballeurs, les présentateurs de téléréalité, les patrons (pas toujours saints, ceux du CAC40) ou les chanteurs de rap. Et les prénoms donnés aux nouvelles générations ont de moins en moins à voir avec la litanie des saints…

L’oubli fatal

C’est un profond sentiment d’injustice qui vous saisit, le drame absolu, quand d’autres, ceux-là mêmes à qui on pense tous les ans, oublient ou négligent de vous souhaiter le vôtre ! On raye alors impitoyablement ces oublieux indélicats du pense-bête. On pourra sans mauvaise conscience oublier de leur souhaiter un bon et heureux anniversaire l’année prochaine.

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