10 petits plaisirs typiquement bretons

On a les petits plaisirs qu'on peut. Et quand on est breton, il faut composer -qu'on se le dise une fois pour toutes- avec une météo détestable ! Un bonheur
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1. Entendre frapper la pluie sur les carreaux, camouflé sous sa couette.

N'en déplaise à tous les pseudo-amoureux de la Bretagne, Il y pleut souvent beaucoup. Et au moment où j'écris ces quelques lignes, la pluie frappe obstinément aux carreaux. Mais comme dit le dicton, "la pluie ne mouille jamais que les cons"! Au cas où malgré tout, elle vous mouillerait, dissimulez-vous sous votre couette et écoutez la dévaler dans la gouttière ! Mieux que tous les somnifères.

2. Sortir regarder la mer déchaînée par grosse tempête.

Enfin, évitez d’aller la regarder de trop près quand même ! Et rappelez-vous que Chateaubriand (François-René, vicomte de) voyait toujours « revenir avec un plaisir indicible la saison des tempêtes ».

3. Se baigner dans une mer de septembre.

Pour remplacer avantageusement cures thermales et balnéothérapies, rien ne vaut une solide baignade dans une mer de septembre. Quand les vagues bouillonnent, massent et relaxent et parfois vous arrachent le slip de bain. Et en plus, c’est gratuit.

4. Observer un touriste se laisser prendre par la marée.

La victime typique : le Parisien ou le Méditerranéen qui n’a pas compris que la mer montait et qui est parti s’adonner aux joies d’un dernier bain, abandonnant pêle-mêle sur le sable, serviette, avaneau et ciré. Inégalable, le plaisir de voir la mer emporter et engloutir en son sein le ridicule accoutrement du parfait touriste. Déconfite, sa tête au sortir du bain.

5. Chasser les étrilles dans un poulic et se réjouir de ce que le correcteur orthographique de l’ordinateur robotisé surligne le mot « poulic ».

Oui, « poulic », un terme qui fleure bon la pêche à pied et dont la traduction française, « trou d’eau », tombe à plat. Ah! la chasse aux petits crabes verts dans les poulics de mon enfance. Ma madeleine de Proust. Ah! le plaisir de débusquer ces créatures camouflées dans les abysses au risque de se faire pincer cruellement l’auriculaire. Pour mieux les châtier parfois en les écrabouillant, histoire de leur faire payer leur rébellion.

6. Déguster un kouign-amann bien beurré bien que par définition, le beurre n'y manque pas.

Foin des régimes vains! Et puis au moins vous pourrez mettre un nom sur le coupable. Celui qui a définitivement alourdi votre silhouette s'appelle kouign-amann :"Galette riche en beurre et en sucre, caramélisée sur le dessus", dit le Petit Larousse. Que des bonnes choses!

7. Entendre un touriste prononcer un nom de lieu breton.

Et l’obliger à répéter le nom du lieu. "Rue ar groas coz" : Essayez pour voir!

8. Résister au changement d'heure.

Accordez-vous ce plaisir incommensurable avec Cécile Masson tenancière de l'hôtel Kastell an Daol, sur l'île de Molène (Finistère). La bougresse résiste contre vents et marée au changement d'heure :"Nous sommes toujours restés à l'heure solaire. Vous avez le journal télévisé à 20heures, je l'ai 2 heures plus tôt. Et si un jour on vous raconte qu'il fait jour la nuit, vous changerez de mode de vie?". Non mais!

9. Eprouver sa capacité à endurer la solitude en hiver.

Je connais un oncle parisien qui a craqué ! et régulièrement, les Franciliens en mal de solitude viennent passer le réveillon sur l'île d'Ouessant. Qu'une météo tempêtueuse leur interdise de rejoindre le continent, les voilà contraints de prolonger leur séjour insulaire. Jamais on ne les revoit en Bretagne!

10. Observer l'herbe qui est ici plus verte qu'ailleurs.

Rapport à la pluie sans doute !

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