Real-Barcelone, version Mourinho

José Mourinho a donné une autre dimension au clasico Real-Barcelone. Entre passion, haine et folie.
16 Août

Mourinho. Il cristallise toutes les passions qui entourent le clasico Real-Barcelone. On aime ou on déteste le personnage mais il ne laisse pas indifférent.

Les raisons de l'estimer

Plus d'un entraîneur aurait baissé les bras. Mourinho, lui, ne s'avoue jamais vaincu. Alors que les affrontements entre son club et Barcelone tournent régulièrement à l'avantage des Catalans, il refuse encore et toujours d'admettre la supériorité de son adversaire. Cette foi en son équipe et en sa capacité à maîtriser l'ogre barcelonais force le respect.

Et sa force de conviction est telle qu'il arrive à nous faire croire que c'est possible. Soyons sûrs qu'il doit être persuasif auprès de ses joueurs. La marque d'un grand entraîneur. Son palmarès est d'ailleurs suffisamment éloquent.

On parle souvent du show Mourinho. Son côté théâtral peut agacer mais il faut savoir reconnaître qu'avec Mourinho, le spectacle est aussi sur le banc de touche. Cette dimension spectaculaire du match de foot, trop souvent occultée, Mourinho la ressuscite. Comment lui reprocher par exemple ses démonstrations de joie au Camp Nou après la fameuse élimination du Barça par son club de l'époque, l'Inter de Milan, au printemps 2010.

Enfin, avec le Portugais, pendant le match on ne s'ennuie pas. Mais après non plus. Les conférences de presse, quand le Special One veut bien s'y rendre, ne sont jamais neutres, le bon mot jamais loin. Et cela change des banalités et des platitudes habituelles dans le monde du foot.

Les raisons de le détester

A côté de cela, le personnage par certains aspects, suscite une certaine animosité. A quoi tient-elle?

Les armes utilisées par Mourinho pour contrer l'ancestral rival barcelonais sont contestables. Le Portugais a bien compris que dans le jeu, il était difficile de neutraliser les Catalans. Aussi choisit-il le terrain de l'anti-jeu. Son instrument privilégié : Pepe. Un joueur qui ne fait pas dans la dentelle et donne des sueurs froides dès qu'il apparaît à l'écran. On l'imagine plus dans le rôle du tueur froid dans un western que dans un habit de footballeur. La cible de Pepe a pour nom Messi.

Sa croisade contre l'arbitrage, constamment incriminé, peut également paraître pathétique. Elle appartient en réalité à sa stratégie. Le but est bien évidemment de mettre la pression sur l'arbitre avant, pendant et après la rencontre. En annonçant d'emblée, par exemple, que Pepe est dans le colimateur du corps arbitral et qu'il ne finira pas la partie. Et ça marche parfois.

Mais ce qui agace plus encore ses détracteurs, c'est le narcissisme de Mourinho. Un nombrilisme résumé dans une de ces formules dont l'entraîneur actuel du Real a le secret : "Dieu doit penser que je suis un gars sympa. C'est ce que je crois, sinon il ne me donnerait pas autant".

Le côté parano du personnage est enfin très agaçant. Cette habitude de crier au complot dès que son équipe perd confine à la folie. José Mourinho serait sans doute un cas d'école extraordinaire pour un psy!

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