Le suicide en France : chiffres et constats

Chaque année, plus de 10 000 personnes se suicident en France. Qui sont les victimes ? Quels sont les facteurs de risque ?
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Les hommes et les personnes âgées en première ligne

Sur les 10 500 suicides enregistrés en 2009, les ¾ sont des hommes, seulement ¼ des femmes [1] . Cette tendance est inversée en ce qui concerne les tentatives de suicide, où les femmes sont majoritaires. La catégorie des moins de 24 ans est peu concernée avec seulement 5% des suicides. Ce taux augmente augmente ensuite avec l'âge pour atteindre un pic entre 45 est 54 ans. Les personnes âgées (65 ans et plus) représentent 28% des suicides en France. Lorsqu'on compare les taux de décès par suicide pour chaque classe d'âge, on s'aperçoit que celui-ci est six fois plus élevé chez les plus de 85 ans que chez les 15 à 24 ans (pour les hommes même dix fois plus) [2] .

Les tentatives de suicides : une majorité de femmes et de jeunes

Beaucoup plus nombreux, les tentatives de suicide sont estimées à environ 200 000 par an [3] . Ce ne sont plus les hommes et les personnes âgées qui sont majoritaires dans cette catégorie, mais plutôt les femmes (65%) [4] et les jeunes de 15 à 24 ans. Selon le baromètre santé 2010 de l'INPES (Institut national de prévention et d'éducation pour la santé), c'est entre 15 et 19 ans qu'on observe le plus de tentatives de suicides chez les femmes (2% des femmes de cette tranche d'âge ont fait une tentative de suicide au cours des 12 derniers mois). Pour les hommes, ce pic se situe entre 20 et 25 ans (0,6% des hommes de cette tranche d'âge ont fait une tentative de suicide au cours des 12 derniers mois). Ces taux diminuent ensuite avec l'âge pour les deux catégories.

Des modes différents selon le sexe

Alors que les hommes utilisent le plus souvent la pendaison et les armes à feu pour tenter de mettre fin à leur vie, les femmes ont majoritairement recours aux médicaments et seulement ensuite à la pendaison. Ceci peut expliquer un taux de mortalité par suicide plus élevé chez les hommes.

Dans le Sud, on se suicide moins

Ce sont les régions situées dans le nord-ouest de la France qui présentent les taux de suicide les plus élevés, avec en tête la Bretagne. Inversement, en Corse et Midi-Pyrénées, on observe les taux les plus faibles. Sur un plan européen, la France fait partie des pays ayant un taux de suicide élevé (14,9 suicides pour 100 000 habitants pour une moyenne européenne de 9,8). [5] La Finlande, la Belgique, la Hongrie et les pays baltes sont les pays qui comptabilisent le plus de suicides. C’est encore dans le sud de l'Europe qu'on observe les taux les plus faibles : Italie, Espagne, Grèce, Malte, Chypre.

Le travail et un revenu élevé sont des facteurs aidants

Les chômeurs se suicident deux fois plus que les personnes salariées ( Source InVS ). Le travail est donc à priori un facteur protecteur. Néanmoins, certaines catégories professionnelles représentent un risque accru : les ouvriers, employés et agriculteurs, des professions généralement associées à un faible niveau de revenus. En effet, selon le baromètre santé INPES 2010, les personnes ayant un revenu supérieur à 1800€ font moins de tentatives de suicides que les personnes ayant un revenu inférieur à 1100€. Cette tendance est plus nette pour les hommes. Le niveau d'études semble également jouer un rôle de protection, plus particulièrement pour les femmes : celles qui ont un niveau d'études supérieur au baccalauréat font moins de tentatives que celles avec un niveau inférieur. Cette tendance n'est pas vérifiée pour les hommes.

La solitude, des traumatismes et les addictions principaux facteurs de risque

Le veuvage ou le divorce sont des facteurs aggravant le risque de suicide (les chiffres indiquent un taux de 58 suicides pour 100 000 pour les veufs, 37 pour les divorcés et seulement 16 pour les personnes mariées). [6]

Selon le baromètre santé de l'INPES, chez les hommes, comme chez les femmes, le fait d'avoir subi des violences, et plus particulièrement des violences sexuelles, augmente le risque d'un passage à l'acte suicidaire.

Par ailleurs, toujours selon cette même source, la dépendance à l'alcool (pour les deux sexes) et le tabagisme (pour les femmes) accroît le risque de suicide. .

Compte-tenu de ces constats, le gouvernement a mis en place en 2011 un nouveau programme national d’actions face au suicide. Celui-ci prévoit notamment des mesures en faveur des personnes en souffrance psychique, des personnes âgées et isolées, des assurés agricoles, des personnes incarcérées ou vivant dans des établissements médico-sociaux.

Sources :

http://www.infosuicide.org/

[1] Source : INSERM http://www.infosuicide.org/pointdevue/statistique/index.htm

[2] Source : DREES http://www.infosuicide.org/pointdevue/statistique/doc/suicidesdreesmai2006.pdf

[3] DREES, Etudes et résultats n°488, mai 2006

[4] Source : Santé publique, volume 23, Supplément N° 6, Novembre-Décembre 2011, pp. S13-S29 & BEH Bulletin épidémiologique hebdomadaire N° 47-48/2011

[5] Source : INSEE http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=98&ref_id=Suicide%20

[6] Source : DREES http://www.infosuicide.org/pointdevue/statistique/doc/suicidesdreesmai2006.pdf

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