Anna Freud : éléments biographiques et théorie psychanalytique

Anna Freud (1895-1892) est la dernière enfant de Sigmund Freud, c'est aussi une psychanalyste qui s'est particulièrement penchée sur l'univers de l'enfance
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Anna est le dernier des six enfants de Sigmund Freud. C'est aussi la seule de sa fratrie à devenir psychanalyste. Celle qui est devenue la gardienne du temple freudien, défendant bec et ongles les théories de son père, a eu également une grande influence sur la découverte de la psychologie de l'enfant qu'elle aborde d'un point de vue psycho-pédagogique.

L'enfance d'une psychanalyste : la jeunesse d'Anna Freud, fille de Sigmund

Anna Freud est née en 1895, à Vienne, et son enfance fut grandement marquée par l'influence et l'oeuvre de son père : elle suivit ses cours à l'Université avant de devenir elle-même psychanalyste. C'est son père lui-même qui l'avait psychanalysée... chose impensable aujourd'hui mais qui n'avait pas le moins du monde choqué Freud à l'époque, pas plus que la cour fidèle de ses disciples ! On pense aussi que la célèbre Lou Andrea Salome compta également au nombre de ses analystes... Dès 1922, la jeune Anna était ainsi membre éminente de la Société psychanalytique de Vienne...

Anna se pencha très tôt sur l'univers des enfants, sur leur psychisme et les particularités de leur développement. Son premier travail, présenté devant la Société psychanalytique de Vienne en 1922, reflète cet intérêt : Fantasmes et rêveries diurnes d'un enfant battu , tout comme l'ouvrage qu'elle publia en 1927, Le Traitement psychanalytique des enfants . Son intérêt pour des domaines comme la psychopédagogie ou les sciences de l'éducation rendent son travail intéressant, et il trouvera un grand écho particulièrement en Angleterre comme aux Etats Unis.

La fille de Freud, consacrée à l'oeuvre du père : la vie singulière d'Anna Freud

Si Sigmund Freud analysa sa propre fille, celle-ci se consacra corps et âme à son père.... célibataire, vestale gardant jour et nuit l'oeuvre freudienne, Anna suivit pas à pas les traces de ce monstre sacré...elle se consacra autant au père de la psychanalyse qu'à la psychanalyse. Notre propos ici n'est pas d'évoquer les nombreux problèmes ou du moins questions que posent cet état de fait (d'autres l'ont très bien fait, notamment dans le Crépuscule d'une idole , à lire pour avoir l'autre version de l'histoire du freudisme).

Mais Freud lui-même nommait Anna son Antigone, qui était selon la mythologie la fille d'Oedipe ! Elle soigna son père atteint d'un cancer de la mâchoire et le suivit en exil à Londres lors de l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne en 1938. Ce fut même sa brève arrestation par les nazis qui poussa Freud à quitter Vienne. Elle fut jusqu'à la mort de Freud en 1939 son porte-paroles lors des nombreux colloques organisés parles psychanalystes, avant de devenir le rempart acharné de son oeuvre devant les nombreux courants de la psychanalyse qui en naissaient tout en s'en différenciant sainement.

La psychanalyse de l'enfance : les théories principales et la pensée d'Anna Freud, ses influences

Ayant rejoint Londres en 1938, Anna adhéra la même année à la société britannique de psychanalyse. C'est après la mort de Freud qu'elle gagna une influence considérable dans l'univers anglo-saxon de la psychanalyse, lors de combats épiques notamment avec Mélanie Klein, "l'autre" spécialiste de la psychanalyse enfantine.. guerre où Donald Winnicott adoptera quant à lui une position médiane fort intéressante.

Anna Freud était résolument pédagogue et quittait volontiers la neutralité imposée par la place du psychanalyste vis à vis de son patient, au contraire d'une Melanie Klein pour qui le Surmoi se développait très tôt chez l'enfant et qui adoptait dès lors une position psychanalytique stricto sensu , et non psycho-pédagogique, avec ses jeunes patients.

A lire pour aller plus loin :

Anna Freud: Le Normal et le Pathologique chez l’enfant Gallimard, Paris, 1968.

Anna Freud, L'enfant dans la psychanalyse , Gallimard (Collection Connaissance de L'inconscient), Paris, 197

Anna Freud, Le Moi et les mécanismes de défense , Presses universitaires de France, 2001

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