La paranoïa de la fin du monde: nouvelles vagues apocalyptiques

Selon le calendrier Maya la terre disparaîtra le 21 décembre 2012. Des mouvements apocalyptiques apparaissent. Petit éclairage autour de l'Apocalypse
25

Combien de fois avez-vous entendu toute une série d'affirmations comme "de toute façon ça va péter" ou "qu'est-ce qu'on va devenir?" ? Combien de fois en quittant un poste, une tâche ou une relation d'amitié avez-vous pensé qu'en partant, tout cela allait bientôt s'effondrer ? Et bien si cela vous est arrivé au moins une fois, vous faites partie des personnes à tendance paranoïaque.

Dominés par la peur de la fin du monde. Psychologie animale et nos comportements

La peur est un sentiment qui nous habite tous de façon claire. Selon la neuropsychologie, elle serait située dans le cerveau primitif que nous avons en commun avec les animaux. Les animaux, face à un danger ou à un danger supposé, réagissent de façon incontrôlée sans pouvoir éviter les conséquences incontournables de la peur, car c'est une question de survie. En ayant le cerveau limbique en commun avec le monde animal, nous ne devons nous surprendre du fait que nous allons avoir les mêmes comportements en situation de danger réel ou bien de danger supposé. De plus ces comportements dictés par la peur sont assez répétitifs, c'est pourquoi ils peuvent être étudiés. On découvre, en tant qu’« homme technologicus", que nous nous laissons dominer par nos peurs comme dans le cas de la peur de prendre l'avion, au point que de nouvelles solutions pour affronter cette peur apparaissent en ligne, en vous proposant des stratégies pour vaincre la peur.

Fin du monde? Les vagues apocalyptiques comme la prophétie maya

La dernière prophétie de la fin du monde concerne le 21 décembre 2012, selon la tradition maya. Certains attendaient déjà le dernier "jugement dernier" le 21 mai 2011... Il a été finalement repoussé au 21 octobre par Harold Camping, auteur de ces prédictions. C'est le Figaro.f r qui évoque les conséquences de ces séries d'annonces surtout pour les plus fragiles psychologiquement. Ce n'est pas l'annonce en question qui est une nouveauté cette fois-ci, mais plutôt le fait que la mission antisecte en France a réagi avec plus de vigueur à ces courants générant la peur. C'est la commission ministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, connue également sous le nom de Miviludes , qui se réveille en 2011 pour sonner l'alarme contre les thérapeutes autoproclamés, les pseudo-thérapies contre le cancer, mais aussi contre les prédictions apocalyptiques.

Vraies et fausses apocalyptiques. Comment faire le tri sans jeter la partie de vérité qu'il y a dans le mythe de l'Apocalypse?

Le problème irrésolu dans la guerre de l'information est de savoir quel poids donner vraiment aux apocalypses, un genre littéraire qui n'est pas seulement présent dans le panorama religieux des trois religions monothéistes. Les mythes contiennent une part de vérité anthropologique, on le sait. La littérature apocalyptique, donc, demande une lecture savante et difficile pour séparer ce qui est la projection de nos peurs et ce qui peut être pris comme une valeur universelle. Il est clair que, comme l'affirme le théologien italien Giuseppe Ruggier i, la conclusion apocalyptique que nous avons tous devant les yeux est en soi paradoxale. Le sens du monde serait donné par le fait qu'il y aurait une fin de tout, une destruction déjà à l'oeuvre et voulue par Dieu. Le théologien, cependant, nous interroge: ne sommes-nous pas là aux limites de la paranoïa?

Le mythe de l'Apocalypse et le problème du mal

Ce qu'il y a derrière la littérature apocalyptique, c'est plutôt la question du mal et de sa fin à travers l'installation d'un "royaume" nouveau. Le fait que notamment le judaïsme n'avait pas trouvé de réponse a obligé les auteurs à chercher une apologie de Dieu face au mal: c'est ainsi qu'est née la théodicée . Pourtant ces spéculations philosophiques sur l'origine du mal, sur ce qui est le premier coupable de l'histoire n'ont pas de résultat convenables surtout quand on pense que cette recherche passe ensuite dans le monde invisible, avec la rébellion du premier ange appelé "Satan". La question centrale n'est pas le mal en soi, mais plutôt la souffrance du juste. Le juste en fait dans la Bible ne répond pas à la violence reçue, il attend avec impatience l'intervention de Dieu, c'est pourquoi il invoque la venue du Royaume de Dieu et du Jugement dernier.

Pour comprendre la littérature apocalyptique, sans accepter la tendance paranoïaque, il faut regarder ceux qui souffrent dans la Bible, les victimes de l'histoire qui attendent avec impatience la Justice de Dieu. La vraie apocalyptique n'attend pas la fin du monde, mais plutôt que les souffrances et les violences soient "vengées" par Dieu.

Sur le même sujet